‹ Napoléon en imagesChapitre 16 sur 59 · LE DOCTEUR SANGRADO SOIGNANT JOHN BULL DE SA PLÉTHORE · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR SANGRADO SOIGNANT JOHN BULL DE SA PLÉTHORE

IL LUI PRATIQUE UNE SAIGNÉE AVEC L’AIDE DU PETIT B0NEY- (Scène de GU Btas.)

Sur les tasses qu’on présente au pauvre malade, on lit : « Eau chaude », et son siège porte ces mots : • Boîte pour la seringue de famille. »

De la saignée jaillit : les Indes occidentales, le cap de Bonne-Espérance, Malle, Ceylan, etc., toutes les possessions que l’Angleterre doit perdre dans la guerre avec la France, et que Bonaparte s’empresse de recevoir dans son chapeau.

* Le D r Sangrado représente lord Hawkesbury, Addington aide à l'opération, tandis que Fox et Stiéridan apportent les bols d’eau chaude.

iCaricalure de James Gillray , 2 mai 1803.]

58. — L’Angleterre réprimandant un méchant garçon. — L’Angleterre, coiffée d’un casque, un bouclier au côté, lance et baguette de bouleau en mains, se lient debout, sur la côte, à Douvres. Au sommet de la falaise, une couronne déposée sur un coussin. Bonaparte, dans son costume habituel, avec le chapeau retroussé, se tient debout sur la côte opposée, à Calais, disant d’un ton lamentable : « Je suis fatigué de ce grand « chapeau, je veux avoir cette couronne. — Mais », réplique l’Angleterre, « restez où « vous ôtes, mauvais petit drôle qui faites tant d’embarras; si vous traversez, vous rece- « vrez un bon coup de baguette. »

Caricature anonyme , 3 mai 1803.

59. — Méditations lunaires. — Bonaparte, monté sur un trépied, regarde la lune au travers d’un grand télescope, tout en pensant : « Je suis étonné que cette idée ne m’ait « pas encore frappé. La place serait, sans doute, facile à prendre et doit avoir, probable- « ment, de grandes ressources. En outre, on me ferait empereur, et alors, quel sort déli- « deux que celui d’empereur de la pleine lune! Je vais envoyer chercher Garnerin (acro- « naute, alors célèbre) et ses ballons, et mettre immédiatement le projeta exécution. »

John Bull, le regardant d'un air railleur et se tenant les côtes, lui dit : « Comment, vous « allez faire une révolution dans la lune, Boney! sûrement, vous parliez de faire une vi- « site à ma petite île : ce sont là deux projetsaussi facilesà accomplir l’un que l’autre! »

Caricature de Anseli , 3 mai 1803.

60. — Papier à rébus. — Un officier français tient quatre ultimatums dans la main et présente à John Bull le u° 1. Derrière lui un domestique, portant un énorme sac tout rempli de ces provisions.

Le Français parle en ces termes :

« Monsieur John Bull, je viens de la part de la Grande Nation pour vous présenter un ulti- « matum. Si celui-ci ne vous plaît pas, je vous en présenterai un autre, j’en ai 73.000, et '■ il faut que vous acceptiez l’un ou l’autre; sinon prenez garde, je vous chasserai de « l'Europe. Mon valet les a dans un sac, et vous les laissera pour que vous puissiez les exa- « miner.

« Santé et Fraternité, citoyen Bull! »

John Bull lève son bâton en l’air, et son bull-dog grogne : « Prenez garde, monsieur « Lagrenouille! Je cherchais justement, dans ma poche, un morceau de papier à rébus et « vous êtes venu à mon aide; maintenant, vous n’avez qu’à vous en aller, ou bien je vous « chasserai de la vieille Angleterre! »

Caricature anonyme, 3 mai 1803.

La grenouille, ou « monsieur Lagrenouille », ce qualificalil injurieux à l’adresse du peuple français, avait été déjà employé par les Hollandais dans leurs satires gravées contre Louis X£Y :il ne faut donc point s’étonner de le voir repris, un siècle après, parles Anglais.

01. — Ultimatum ou L’ambassadeur faisant une démarche décisive. —

L’ambassadeur anglais, lord Whitworth, monte dans sa voiture, prêt à partir, et présente un ultimatum à Bonaparte, en lui disant :

« Soyez prompt, ou je m’en vais! » Bonaparte paraît très affecté de cette attitude. Il pleure à chaudes larmes et se tord les mains, en criant à l’ambassadeur : « De grâce, attendez, et je consentirai à tout. »

Caricature delsaac C-ruikshank, 14 mai 1803.

62. — L os de la discorde sur lequel est écrit « Malte ». — Bonaparte, le regardhautain, menace John Buü de son épée, en s’écriant : « Par le pont de Lodi ! par les plaines de âlarengoü par tout ce qui est grand et terrible, je vous ordonne de rendre cet os ! ! » John Bull, qui a mis son pied dessus, se prépare à le défendre avec son bâton de chêne. Il répond laconiquement et suivant son habitude : « Soyez damné. »

Caricature anonyme, 18 mai 1803.

* Nombreuses seront les caricatures sur lesquelles l’on verra Bonaparte et John Bull, représenté en bull-dog, se disputer pour un os.

iconographie des caricatures anglaises.

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