héros en armes
Apparitions militaires à Saint-Stéphen et à Saint-Cloud (c'est-à-dire en Angleterre et en Franco) au jour du Combat.
Au-dessous du titre cette petite note : « Nous ne voyons à travers le monde que deux héros, le grand docteur A (Addington) et le petit bruyant B (Bonaparte).
De la bouche du général anglais sort la légende suivante : « Diable! qu’est-cc qui a peur? O Seigneur! quel fougueux compagnon ! Diable! qu’cst-cc qui a peur? Que va devenir le roastbeef? ô mon cher! » Sur le papier placé dans sa poche on lit : » Qu’est-ce qui a peur, maintenant, de marcher sur Paris! »
De la bouche de Bonaparte : « Ah ! ah ! sacredieu, qu’est-ce que j’aperçois ià-bas ! C’est d’un rouge bien engageant, je crois que c'est du roatsbeef de Londres; j’en mangerais, volontiers, un petit morceau. »
bans le fond deux Anglais criant : « Qu’esl-cc qui a peur, frère Hely? Qu’est-ce qui a peur, frère Bragg? « Le personnage au premier plan est Addington : assis derrière lui, lord Hawkcsbury; les deux personnages dont on aperçoit les traits, dans le fond, sont Hély Addington et Bragg Bathurst, membres delà famille Addiugton, pourvus de postes importants par leur parent.
[Caricature de James Gillray , 18 mai 1803.]
64 . — Le Bâtard, ou Où est-ce que ce petit Boney habite? — Devant une table, derrière laquelle siège l’énorme John Bull assisté d'un greftier, comparaissent Bonaparte, les mains liées, et une femme enceinte, auprèsde John. Derrière la femme un constable, et derrière Bonaparte plusieurs personnages dont l'un tient le grand sabre et le gigantesque chapeau à plumes du Premier Consul.
Voici les réflexions mises dans la bouche des divers personnages :
« Le constable de gauche au juge. — Je l’ai attrapé, Votre Honneur, et l’ai amené devant vous, bien contre son grc, je vous affirme.
Bonaparte. — Oh! malheur à moi, avoir vu ce que j’ai vu et voir ce que je vois!
« La femme enceinte. — S’il plaît à Votre Honneur, mon nom est Cléopâtre Applecard {charretée de pommes); j’étais domestique chez ce méchant Consul M. 1 Sagypy-Bony , qui est le père de mon enfant, s’il plaît à Votre Honneur: il est si méchant que personne ne peut vivre en paix à cause de lui. Je ne suis pas la première qu’il ait perdue : des Hollandaises, des Suissesses, des Italiennes et bien d’autres furent trompées par ses promesses, mais
elle? 11 'avaient pas un pays comme le mien d'Angleterre) pour le? protéger; aussi j’espère que Yulre Honneur voudra bien le traiter en conséquence.
'< Le juge. — Je vais envoyer ce coquin en prison ; je vais mettre un frein à ses cabrioles. Au pain et à beau à perpétuité, avec de lions petits coups de fouet. »
Caricature anonyme, mai 1803.
iw. — FOLIE PERSISTANTE OU LE PETIT BONEY DANS UN DE SES ACCÈS DE FOLIE.
D'après le récit d’une visite de lord WhitworUi aux Tuileries.
l’.nnaparie, après avoir culbuté tout ce qui l'entoure, jusqu’à son siège consulaire, fouie aux pieds différents pamphlets dirigés contre lui et tes notes anglaises. Dessous la table renversée, les projets fantastiques si facilement prêtés au Premier Consul par les Anglais : - Liste des futureseonquétes ; Expédition à la Lune; Pour mettre la Tamise en feu: Notes pour le Moniteur et pour la Gazette de Hambourg ! «
Dans le fond, paraissant sortir de la cervelle de Bonaparte :
A droite : Oh 1 Égypte! Égypte! — Oh ! Saint-Domingue! — ()!i ! la liberté de la presse anglaise! — Oh ! les limiers anglais! — 'Wyndham ! Grenville (I) ! Pilt ! .le suis massacré, je suis assassine ! — Les journaux anglais, oh ! oh ! oh ! — Vengeance ! vengeance! A moi 1’ineendie. la guerre et la famine ! — Invasion! invasion! 480.000 Français ! • - Esclavage anglais et chaînes éternelles!
A gauche : Au diable les richesses, l’indepcndanec et le bonheur de la nation anglaise. — Malte! Malte! Malte! — Maudite liberté delà presse anglaise! Insolence du parlement anglais! —Traité d’Amiens! Malédiction! — Traites et commerce anglais! oh! oh! — .Journaux calomniateurs anglais! — oh! 5ebastiani! nh Georges! Arras! de Kollc! Dutheil! Oh! assassins (2)! — Trahison! trahison! liai et trahi par les Fr aurais! Méprisé par les Anglais ! Devenu la risée du monde entier! — Oh! les journaux anglais!
ICaricatare de James Gitlray, 24 niai 1803.]
d)Sur wyndham l’annotation du irai.— Quant «William Grenville (1730-1834). ministre des affaires étrangères dès 17JK), il s’était montré ennemi acharné de la France.
(2.i Les personnages dont les noms sont mis ainsi dans la bouc lie de Bonaparte lançant ses imprécations, étaient le tntur maréchal Sébastiani. envoyé alors dans les Étals Barbaresques pour préparer les voies à une attaque de l’Inde par l'armée d’Égypte, Georges Cadoudal, Pierre Nicolas Belle, substitut du directeur de l'École polytechnique, Laporle-Dulheil, conservateur de la Bibliothèque nationale.
1803] ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES. 13
66. — Bruin (l’ours) devenant nn médiateur. — L'empereur de Russie, représenté par un ours, joint les mains d’un bull-dog et d'un singe personnifiant l’Angleterre et la France et leur parle ainsi : « Je ne comprends pas, peuples civilisés , que vous ne puissiez « vous entendre sans vous adresser à moi , que vous avez ridiculisé et traité de Barbare ; « mais je suppose que vous me jugez comme ayant plus de bon sens que vous, parce « que je viens de l’extrême Nord. » Le singe donne sa main au bull-dog, en disant : « Je « promets, foi de Français, de vous laisser paître tranquillement dans les parcs de Malte,
« et de vous aimer de tout mon cœur, autant que j’aime ia liberté de la nation française. » Le bull-dog réplique : « Bien! Nappy (cotonneux, fumeux, écumeux). Si vous voulez « abandonner vos extravagances, et ne plus songer à passer en Égypte, si vous voulez pro- « mettre également de ne pas vous occuper du Hanovre, je consens à me réconcilier. »
Caricature anonyme , juin 1803.
67. — Lunettes vertes, ou lunettes à l’usage du grand Consul. — Bonaparte est assis sur un rocher intitulé le Pouvoir Usurpé. Il porte une paire d’énormes lunettes spéciales aux gens qui louchent, à travers lesquelles il regarde avec envie la Grande- Bretagne, les Indes occidentales, les Indes orientales, Malte et l’Égypte.
Caricature anonyme , juin 1803.
68. — L’arrivée de l’Épouvantail, ou L’honnête Pat (sobriquet donné à saint Patrice, apôtre et patron de l’Irlande) leur souhaitant une bienvenue irlandaise. — Napoléon, en squelette, conduit une armée de squelettes qui passent la mer à gué. Le pied sur la côte il dit à ses troupes pour les encourager : « Maintenant nous allons effrayer M. Bull et le faire trembler comme les Italiens, les Suisses, les Hollandais et nos autres amis. » Mais un brutal Irlandais les accueille avec une pelletée de boue au visage , ajoutant que s’ils ne se jettent pas à la mer pour sauver leur vie, il les y jettera, lui, pour sauver la sienne.
Caricature de Isaac Cruikshank, 10 juin 1803.
69. — L’invasion française, ou Buonaparte débarquant en Grande-Bretagne. — Bonaparte et un fort corps de troupes ont atteint le rivage ; mais avant qu’ils aient pu escalader les falaises, quelques artilleurs, ayant pour tous canons deux fusils, les mettent en déroute. C’est un » sauve-qui-peut général ». Bonaparte jette son épée.
Caricature de James Gitlray, 10 juin 1803.
70. — L’Angleterre corrigeant un garçon indiscipliné. — L’Angleterre a pris Bonaparte sur ses genoux et, lui baissant ses culottes, elle lui administre à l’aide d’une verge de bouleau, personnification du Royaume-Uni, une forte correction qui lui fait couler des flots de sang. Bonaparte, repentant, dit : « Ôh! pardonnez-moi, je ne le ferai plus « jamais. » Mais la sévère matrone continue en disant : « Prends celui-ci, et celui-là, « et encore celui-là, et aie soin de ne plus provoquer ma colère! »
Caricature de West, 13 juin 1803.
7t. — L os de la discorde, ou Le Bull dog anglais et le singe corse. — Le
singe, coiffé de son affreux chapeau, crie : « Eh! Bull-dog, pourquoi emportez-vous cet os? « J’étais venu pour le prendre et, n’étaient vos dents, j’aurais grandeenvie de vous taper « dessus. » John Bull, l’os (Malte) entre les dents, grogne avec colère.
Caricature de Ansell, 14 juin 1830.
72. — Le mendiant corse montant le Diable. — L’enfer est représenté par une énorme et grotesque tête de dragon, les mâchoires ouvertes et vomissanl des flammes. Napoléon, sur un blanc coursier, poursuivi par cette idée : Ils me feront sûrement empereur, marche droit au but. Deux démons sont au comble de la joie. L’un dit : « Il va « venir et nous mettrons fin à son ambition. » L’autre ajoute : « Montre-iui le chemin ». L’Irlande demande à John Bull : « Eh! Johnny, quel est ce personnage? » Et John Bull lui répond : « G’est Boney qui court en poste, frère Pat. » Le coq gaulois, chantant sur son fumier, se contente d’observer : « Cela n’a rien de nouveau. »
Caricature de Ansell, 1 S juin 1803.
73. — Le roi Georges jouant à faire des bulles de savon. — Le monarque assis devant un large tube rempli d’eau de savon, s’amuse à faire des bulles qui représentent : Napoléon, des bateaux à fonds plats, une invasion de petits vaisseaux... et il semble attacher peu d’importance à ces diverses créations.
Caricature de, J. Smith, 25 juin 1803.
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