‹ Napoléon en imagesChapitre 18 sur 59 · A. — LE ROI DE BROBDINGNAC ET GULLIVER · texte numérisé non relu

A. — LE ROI DE BROBDINGNAC ET GULLIVER

Dans le haut de l’estampe on lit : « Mon petit ami Grildrig, vous avez fait un merveilleux panégyrique de vous-même et de votre pays; niais ce que je puis conclure d’après votre récit et d’après les réponses que j'ai eu beaucoup de peine à vous extirper, c’est que vous êtes un des plus pernicieux et un des plus nuisibles reptiles qui rampent à la surface de la terre. »

ICariccUure de James Gillray , 2G juin 1803.]

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

7b. — Amusement après dîner ou la fée corse montrant ses prouesses. —

Georges III et la reine Charlotte sont au dessert, frugal comme tout le reste du repas, et qui consiste en un blanc-manger dont le faîte est formé d’une flotte ; derrière, un ananas (fmit des rois, comme on l’appela lors de son introduction en Angleterre) surmonté d’une couronne.

Le couple royal est diverti par les bouffonneries de la fée corse (Bonaparte) qui fait le fanfaron autour de la table, affublée d’un énorme chapeau retroussé et d’une gigantesque épée, et dit, en montrant le blanc-manger : « Si je pouvais passer par-dessus, je ferais irruption sur l’ananas. »

Caricature de West, juillet 1803.

70. — Un chimiste anglais analysant un ver de terre corse. — Bonaparte est figuré par une retorte (terme de chimie) et George III, transformé en chimiste, l’examine à la loupe, tout en spécifiant ainsi son analyse : « Je crois pouvoir dire exactement de « quoi est composé cet insecte : Ambition, Suffisance, deux parts; une légère invasion <c qui annonce à la surface une prodigieuse quantité de Mauvaises Passions, et de l’Ar- « rogance pour couronner le tout. »

Caricature de West , juillet 1803.

77. — Pacification finale de l’Europe. — Bonaparte est représenté suspendu à une potence, tandis que des postillons, revêtus des différents costumes nationaux, publient à son de trompe la bonne nouvelle pour la Russie, la Prusse, la vieille Angleterre, et la Suisse. — La Hollande est radieuse et témoigne son contentement par des cris d’allégresse.

Caricature anonyme, juillet 1803.

78. — Petits bateaux ou L'inquisition de John Bull. — Le Premier Consul est occupé à tailler des bateaux, jouets minuscules, dans des morceaux de bois. Il en a déjà rempli un grand panier et en a encore deux ou trois, devant lui, sur une table.

John Bull s’élance sur lui, un énorme bâton à la main, en disant : « Je vous demande pardon d’entrer, le chapeau sur la tête, sans frapper; mais entendant tout un peuple se battre à coups de poings, dans votre fabrique, j’ai pensé que je devais intervenir et voir ce que faisait notre aspirant. »

Bonaparte réplique : a Soyez sans crainte, Johnny, je fabrique seulement quelques petits bateaux pour mon amusement personnel. »

Caricature anonyme , juillet 1803.

79. — Boney en possession delà meule. — Bonaparte a autour du cou une énorme et pesante meule appelée Hanovre; il succombe sous ce fardeau trop lourd et s’écrie :

« Quel poids maudit! J’aurais préféré que ce fût Malte. »

John Bull, habillé en paysan, se moque de lui en disant : « Comment, est-ce bien toi qui l’as pris? le diable t’en a fait cadeau. Vieux maître Chatham (Pitt) avait l’habitude de dire que c’était une meule autour de mon cou ; peut-être me sentirais-je plus léger débarrassé de cet instrument? »

Caricature de Ansell , o juillet 1803.

* On sait que, dansla guerre de 1803, le Hanovre fut occupé par les Français et son armée dissoute : d’où la présente caricature qui est loin d’être isolée dans l’imagerie anglaise.

80. — Pavillons de réalités et de fictions. — Un Français et un Anglais. Le Français tient un drapeau tricolore et dit à Bonaparte : « Mon Grand Maître, ayez la bonté de lire la date », tout en lui remémorant ce qui est écrit sur le drapeau : « Le Citoyen « Premier Consul Bonaparte présente ses compliments et ses remerciements aux dames et ce messieurs de la Grande-Bretagne qui l’ont honoré de leurs visites à Paris, et aura le plaisir « de leur rendre, en personne, leurs politesses aussitôt qu'il aura terminé ses arrange- « ments à ce sujet. »

John Bull réplique : « Est-ce que Votre Seigneurie a lu cela? » et il montre son drapeau « The Union Jack » sur lequel est écrit : « John Bull ne comprend pas exactement le lance gage du Consul en chef, mais suppose qu’il veut parler de l’Invasion ; John Bull croit donc « nécessaire de faire observer que si Son Altesse osait attaquer des messieurs et des dames « sur ses côtes, il serait damné s’il ne l’anéantissait pas. »

Caricature anonyme, 10 juillet 1803.

CARICATURES ANGLAISES

81. — Jeux Olympiques, ou John Bull présentant son nouvel ambassadeur au Grand Consul. — Le petit Corse donne un soulfletà l’ambassadeur, disant: « Prenez « cela et dites à votre maître : Je frapperai quiconque osera s’attaquer à moi, je frap- « perai le monde entier. Je veux être damné, si je ne suis pas le roi de l'Univers. » L’ambassadeur étonné, s’écrie : « Ceci, c’est la loi du bâton, c'est l’argument de la force. « » Le petit homme est dérangé » (en français, sur la caricature). Ce que voyant, John Bull présente alors un boxeur comme son représentant, tout en disant à Bonaparte : « Voici, « mon garçon, un ambassadeur qui vous traitera selon vos habitudes, mais je vous « engage a être avec lui aussi doux que possible ». Le pugiliste toise son adversaire : « Comment, c’est avec ce petit qui brise et détruit tout que je dois me mesurer ! eh bien, je « crois que la première passe le réduira en mille petits morceaux. » — Pendant ce temps, rambassadeurautrichien, présentai! conflit, déclare solennellement: «Le monarqucqueje « représente répondra à cette insulte, avec la dignité qui lui est propre. »

Caricature dehaac Cruilishank , 10 juillet 1803.

* Cette caricature n’est pas seulement dirigée contre Napoléon ; elle contient, on le voit, une pointe à l’adresse de la politique obséquieuse suivie par Je cabinet de Vienne.

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8-2. — LA MORT DU RENARD CORSE (Dernière scène de la chasse royale.)

* Le roi d'Angleterre tient par le cou Bonaparte qu’il présente aux chiens de sa meute, sur le collier desquels on lit les noms de généraux et d’amiraux anglais : Nelson. Cornwallis, Saint-Vincent (John Jervis, lord Saint-Vincent, du nom de la victoire remportée par lui, en 1797, sur l’amiral espagnol, don Juan Cordova), Sydney-Smith {celui-là même qui avait été chargé d’incendier la Hotte française dans le port de Toulon, en 1793, et qui prit part à la défense de Saint-Jean d’Acre, en 1799, contre Bonaparte), Gardner.

Dans le fond : la légende Tally-ho ce qui prête à un double sens, — soit. Oh! Talley ! (Talleyrand, viens à mon secours)! ou bien : Taïau, Taïau (le cri des chasseurs lorsqu’il s’agit de lancer les chiens.)

[Caricature de James Gillray, 20 juillet 1803.]

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

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