ÎU. — LA MAIN ÉCRIVANT SUR LE MUR : MANE, THECEL, PHARÈS
Bonaparte, festoyant. entouré de su Cour et de ses grenadiers. Sur les plais on iil : Prune Monsieur, Banque d'Angleterre, Saint-James (le cabinet anglais), le vieux roatsbeef de la vieille Angleterre (c’est la tête du roi Georges), tandis qu’un des convives est en train d’avaler la Tour de Londres. En voyant l’inscription fatale, le Premier Consul laisse tomber le verre qu'il portait à ses lèvres et renverse les bouteilles qui étaient à ses côtés. Les autres convives continuent, comme si de rien n’était, a festoyer. Derrière Joséphine, en costume quelque peu léger, les trois sœurs de Bonaparte.
[Caricature de James Cillray, I % août 1803.]
95. — Boney à Bruxelles. — Assis sur un trône, flanqué de chaque côté d’un mamelouck, armé d’un pistolet et d’une épée, il tient, en chaque main, une grande fourchette, avec laquelle il prend avidement le contenu des différents plats qu’on lui sert et ont été préparés de la façon la plus servile par toutes sortes de grands dignitaires.
Sa bouche est pleine de » Pétitions au Consul déifié ». À une fourchette est piqué le mor« ceau : « A la déité du grand Consul » , l’autre est enfoncée dans « Nous brûlons du désir de lécher lu poussière de vos divins pieds. ■> Un prélat le prie d’accepter les clefs du Ciel et de l’Euler, tandis que d’autres plats sont ainsi étiquetés : « Votre esclave le plus soumis, Terreur de la France et idole de nos cœurs , de nos intestins, de nos âmes et de tout le reste. »
Caricature de Isaac Cruihshank, 14 août 1803.
* Caricature à propos du voyage à Bruxelles et dans les Côtes du Nord.
90. — John Bull à bout de patience. — Eu uniforme de cavalerie, à cheval sur le Lion britannique, il se dirige à la nage vers la France, criant : » Je vais vous pour- « suivre, mes garçons ; croyez-vous que je veuille rester chez moi, a vous attendre? Pensez- « vous que j’endosse pour rien mon uniforme? » — Boney et son armée prennent la fuite, le premier disant aux siens : « Vous avez raison, mes amis, prenez vos jambes à « votre cou, car voici ce damné de Jean Bool, qui arrive sur son Lion. »
Caricature de Roberts, 16 août 1803.
97. — L’Angleterre faisant sauter en l’air l’escamoteur de bouteilles corse.
— Bonaparte est violemment lancé en l’air, de l’extrémité d’une bouteille sur laquelle on lit :
1803] ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES
o Les esprits anglais respectent la vraie liberté, le courage, la capacité, la religion, a L’Angleterre est casquée, avec l’épée et le bouclier.
Caricature de Isaac Cruihshunk, 17 août 1803.
98. — L'insecte (teigne) corse. — Bonaparte en insecte, coiffé du grand chapeau, se précipite contre la lumière d’une chandelle en disant : a Quelle flamme puissante! « je crois que je vais brûler mes ailes. » Georges III, qui regarde avec intérêt ce spectacle, se console ainsi : .< Toi, petit insecte méprisable, je vais bientôt te voir llamber. »
Caricature de Woodward, 22 août 1803.
99 . — Un choc remue l'Océan, ou Bonaparte prenant congé des Français.
— John Bull, en pugiliste, a rencontré Bonaparte dans la Manche et, d’un coup bien dirigé, lui a fait faire un plongeon, ne laissant surnager de sa personne que ses bottes et son chapeau. Les Anglais sont dans la joie, mais les Français tordent leurs mains de désespoir. « Ab! miséricorde! pauvre Bonaparte! oh! ce terrible Jean Bool! »
Caricature anonyme, 24 août 1803.
i 00. — Agitez la sonnette d’alarme (satire parue dans une publication périodique).
— Atrocités de « Brutus Napoléone Ali Buonaparlé », qui prétend faire la guerre pour rétablir les chevaliers de Tordre de Malte, et qui disait aux Égyptiens (j uillet 1 798) avoir été à Malte en vrai Musulman, pour en chasser ces chrétiens infidèles, les chevaliers ! ! ! !
Caricature anonyme, il août 1803.
101. — Trois fléaux d’Europe. — Le turbulent M r Qui combat tout, Bonaparte, — l’Honorable M r Qui taxe tout, Pitt, — le respectable D 1 ' qui prend tout, le Diable.
Caricature de West, août 1803.
102. — Une entaille au sac de pommes de terre. — Un Irlandais se rendant à Dublin, et portant sur le dos un énorme sac de pommes de terre, auquel Bonaparte a fait une entaille pour permettre au contenu de s'échapper. — Bonaparte lui offre une bourse d’or en échange du sac, mais l’Irlandais répond : « Vous pouvez couper quelques- « unes des pommes de terre qui ont poussé à l'intérieur, mais vous n'aurez jamais le sac « tout entier; reprenez donc votre argent et retournez chez vous. »
Caricature anonyme, août 1803.
103. — Gulliver et son guide, ou Un obstacle tendu au Corse.— Leroi Georges, comme roi de Brobdingnac, est assis sur une galerie, et regarde au travers de sa lunette Gulliver (Napoléon) qui monte une série d’échelons pour arriver jusqu’à lui, ayant autour du cou une corde, tenue par un marin armé d’une baguette de chêne. — Bonaparte voudrait bien voir comment la couronne irait sur sa tête, mais le marin, qui met un obstacle à sa marche, s’écrie : « Que mes membres soient maudits, si je ne vous fais pas « revenir en arrière, avant que vous ayez atteint votre but. Ainsi renoncez à ce petit « morceau de terre ferme de l’Océan. »
Caricature de Charles, août 1803.
104. — John Bull débarque en France. — Toujours en uniforme de cavalerie, et monté sur son lion, il poursuit les troupes françaises, qui ont pris la fuite.
« Je vais faire faire des sauts à votre cavalerie, » crie-t-il, « mais il me faudrait découle vrir votre chef! »
Bonaparte regarde ce qui se passe, du haut d'un tuyau de cheminée, tout en disant : « C’est un redoutable compagnon, mais je crois qu’ici, je suis à peu près en sûreté. »
Caricature de West, 29 août 1803.
103 . — La sauterelle corse. — Bonaparte voltige autour d’une table servie, à laquelle un Anglais, un Irlandais et un Écossais prennent leur repas. L’Anglais fait remarquer que l’insecte voudrait bien un peu de roastbeef et de plum-pudding, l’Irlandais pense qu’il aimerait bien une ou deux pommes de terre, mais qu’il n’a pas l’intention de lui donner la moitié d’un pence. Quant à l’Écossais qui tient enmain une terrine et une cuillère, il est assez rusé pour ne pas donner de son brouet à l’insecte.
Caricature de West, septembre 1803.
106. — Un coup d’œil sur la féerie corse. — Bonaparte est enchaîné à une table, et bouclé avec un cadenas qui représente la marine anglaise. — l'n Italien, un Suisse, un
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