LE JOUR DU RÈGLEMENT DES COMPTES DU BOUCHER CORSE
Talleyrand empêche Bonaparte d’envahir l’Angleterre. L'ours russe vient le narguer à la porte, ce qui met le Premier Consul en furie.
Dans la niche, la Prusse placée là pour être engraissée. Dans la cage, sur laquelle on a mis l'étiquette venant de Rome, se trouve le menu fretin, celui qui ne vaut pas la peine d’être tué. Au premier plan, du boudin fait avec le sang allemand. Aux murs, sur les animaux saignes et accrochés, on lit : Hollande, Suisse, sa>tg espagnol , etc. J.e sang qui coule des personnages couchés sur l’étal, morts à Jaffa et autres lieux, sert à alimenter sa gloire. Dans le fond, sur son île, le bœuf anglais qui a l’air de se moquer du boucher corse.
[Caricature de James Gillray, septembre 1803.]
108. — John Bull montrant le singe corse. — Bonaparte assis sur un ours russe, muselé, est conduit en laisse par John Bull dont voici le boniment : « Mes amis et voisins:
1803] ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES. 85
« Ceci n’est pas un singe ordinaire, c’est un petit homme très irascible. J’ai eu beaucoup « de peine à lui apprendre à obéir, il aime particulièrement jouer avec les sphères et les « sceptres; aussi vous remarquerez que je lui en laisse toujours un, de chaque espèce, en « pain d’épices, afin qu’il puisse s’amuser sur la terre étrangère. »
Caricature de Woodteard, 3 septembre 1803.
109. — Récit complet et détaillé du procès de Napoléon Bonaparte instruit
devant John Bull. — Pièce remplie de longues légendes relatant toutes les accusations portées contre Bonaparte et dont le sens s'explique suffisamment par la simple reproduction du titre.
Caricature, de Woodward, gravée par Cruikshank , 14 sept. 1803.
110. — Bonaparte sur son âne. — Il a traverse lTtalie, la Suisse, la Hollande, et il veut atteindre Malte défendue par le lion, britannique ; mais l’âne devient si insoumis qu’il a peur de ne pouvoir atteindre au but.
Caricature anonyme, 14 septembre 1803.
111. — Le Corse Macheath (fils des bruyères). — « De quel côté me dirigerai-je? Sur « quoi fixer mes projets ? J'ai une envie démesurée de marcher à grands pas" mais faut-il « aller de ce côté ou de celui-là — et, où que ce soit, John Bull, toujours à son poste, ine « recevra avec quelque pilule de sa façon !
Caricature de Woodivard, 16 septembre 1803.
112. — La légende des fagots, ou Bonaparte déjoué. — Bonaparte se reconnaissant impuissant à rompre l’alliance dos Brites. — Son pied repose sur un tas de fagots brisés représentant les nations conquises, mais la dernière tentative est au-dessus de ses forces, et il le confesse en ces termes : « Au diable, iis ne plieront ni ne céderont jamais! »
Caricature anonyme, 20 septembre 1803.
*La satire anglaise aimait alors à employer l’ancien qualificatif latin des Bretons, Britones , considérés dans leur ensemble, c’est-à-dire provenant soit de l’ancienne Angleterre, soit de l’Armorique. Dans le moment, cela avait un double sens, puisque c’était une allusion à l’alliance des Bretons avec les Anglais contre la République française.
113. — Monologue de Bonaparte à Calais. — Coiffé d’un chapeau, plus extravageant que jamais, Bonaparte est appuyé, les bras croisés, contre un poteau sur lequel on lit : « Route d’Angleterre ». Au-dessous tout un monologue, en vers, dont voici le sens : « Aller ou lie pas aller, voilà la question.
« Savoir s’il est préférable pour moi de supporter le confort et la tranquillité de mon « rival que je hais, ou de prendre les armes contre ce peuple indomptable et de faire « irruption chez lui pour l’anéantir.
« Envahir, et penser que nous allons, par un combat décisif, mettre fin à l’envie qui « dous étreint et aux mille angoisses que nous subissons en ce moment; c’est un résultat « qui serait bien à désirer.
« Envahir, combattre, peut-ctre aussi être battu, ah ! c’est là la difficulté, et ce qui rend « ma décision si pénible! » etc...
Caricature de Woodioard , 21 septembre 1803.
114. — Entrée triomphale du Grand Consul à Londres. — Il est escorté par la cavalerie des volontaires et est assis, tête nue, les mains liées, le visage tourné vers la queue d’un cheval blanc (le Hanovre) et les jambes attachées sous lui. Le cheval est conduit par deux volontaires dont l’un porte un chapeau tricolore ayant, au sommet, le chapeau de Napoléon, avec ces mots : « Pour saint Vaut. » — L’un des assistants s’écrie : « Merci à nos volontaires, pour cette glorieuse mise en scène. »
Caricature anonyme, 1 er octobre 1803.
* Cette caricature fait allusion à une mascarade qui eut lieu à Londres et dans laquelle on traîna Napoléon, prisonnier et enchaîné, à travers les rues de la Cité.
C ^MCATTUES ANGLAISES.
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