‹ Napoléon en imagesChapitre 28 sur 59 · ÜÜ. — LE TIGRE CORSE AUX ABOIS · texte numérisé non relu

ÜÜ. — LE TIGRE CORSE AUX ABOIS

Napoléon, en tigre. ou plutôt en léopard, met ses pattes sur quatre lévriers anglais, tandis qu'une meute de lévriers patriotiques se précipite sur lui.

Au premier plan, dans le coin à droite, la grenouille hollandaise fumant sa pipe; de la fumée sortent les mots suivants : « Ce sera mon tour, la prochaine fois, de lui donner un soufflet. » fin haut, John Bull en train de viser Napoléon, tout en sifflant une chanson d’enfant : > Il était un petit homme qui avait un petit fusil et ses halles étaient de ptomh. — Que je sois damné si, entre nous, nous n'arrivons pas à le meure à la raison. »

Dans le fond, l’ours russe et les aigles autrichiens enchaînés : « Frère Bruîn, » disent ces derniers, ■ il est temps de briser nos chaînes. »

[Caricature de Rowlandson, 8 juillet 1808.]

197. — Boney embarrassé, ou Une rencontre inattendue. — Botiey, toujours coiffé de son immense chapeau à plumes, ayant traversé le monde de part en part, et ressortant de l’autre côté, plante son pied sur les Indes orientales, au Bengale; mais, à sa grande surprise, il y trouve John Bull, armé de son redoutable bâton de chêne : « Com- « ment, vous ici, monsieur Bull, vous saviezdoncque j’allais venir? » JohnBull, en réponse, tire de sa poche un rouleau sur lequel on lit : Intelligence secrète. « Certainement, je le « savais, pour déjouer votre ruse. Je suspectais vos intentions, et j’ai apporte mon bâton « de chêne avec moi; ainsi, vous n’avez qu’à repartir. »

Caricature de Ansell, 9 juillet 1808.

ICONOGRAPHIE DES CARICATURES ANGLAISES

1 08. — Billingsgate (i) (c’est-à-dire le langage de la halle) à Bayonne, ou Le dîner impérial. — Les membres de la famille royale d’Espagne, attirés dans un piège, à Bayonne, prennent part à un repas mouvementé.

La reine s’est levée de table et, fort en colère, en un langage digne de la halle, elle crie à son fils Ferdinand :

« Je vais vous le dire en face, et devant mon cher ami Boney, — vous n'êtes pas le fils du roi; — ainsi vous u’avez qu’à vous taire. » Mais celui-ci répond :

« Madame, je connais yos ruses, ainsi que celles de votre prince de la Paix. »

Les Infants d’Espagne encouragent le fils du Roi, en lui disant : « Frère, ne l’écoutez pas; nous, les Infants, nous vous reconnaissons pour souverain. » Un personnage d’allure peu commode, portant, sur le dos de son siège, remblème de la royauté, fait des menaces du poing et dit : « Ne suis-je pas le grand? Voulez-vous rester tranquilles. »

Charles, qui, sur l’ordre de Bonaparte, avait abdiqué en faveur de son fils Ferdinand, s’écrie : « Je voudrais bien qu’on laissât un pauvre roi jouer tranquillement du violon. » Quant à Napoléon, assis au haut de la table, sur un trône élevé, en rapport avec la dignité impériale, il affecte d’ètre très en colère en voyant cette dispute générale qu’il a su habilement préparer, et il s’écrie : « Si vous continuez à mener pareil vacarme, à ma table, le diable m’emporte, je vous envoie tous au corps-de-garde. »

Caricature de Roudandsrm, 10 juillet 1 808.

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