LE MüNCHHAUSEN CORSE DUPANT LES BOURGEOIS DE PARIS
Napoléon esl représenté sur une estrade, ayant à ses côtés le roi de Itomc : il est censé faire le boniment à la foule amassée des bourgeois. La mappemonde sur laquelle il bouleversait la carte d’Europe est renversée, ainsi que son trône au dossier duquel brille le soleil d’Austerlilz.
Voici la traduction des légendes qui figurent sur l’estampe :
« N’ai-je pas juré de détruire la Suède?
« N’ai-je pas juré d’avoir le commerce des colonies?
* N’ai-je pas construit plus de vaisseaux que vous ne trouviez de marins pour les commander?
« N’ai-je pas brûlé tous les produits anglais achetés et payés par mes fidèles marchands, devant eux , et cela pour leur bien, ainsi que pour celui de mon cher peuple de Paris y
* N’ai-je pas rappelé mes troupes de Hollande afin de ne pas leur laisser passer i’hiver dans ce climat brumeux?
« N’ai-je pas rappelé, mes troupes d’Espagne et de Portugal pour marcher à la destruction des Anglais?
« Ne me suis-je pas fait Turc pour le bien de la nation française?
« N’ai-je pas fait sauter en l’air le caporal, pour faire sauter le pont?
» N’ai-je pas dérobé vingt drapeaux aux églises pour les envoyer à mon Impératrice, afin de compenser la perte de mes propies drapeaux et de mes aigles?
« Et maintenant, pour le bien de mon empire, encore, regardez, bourgeois de Paris, je viens de mettre le roi de Rome en culottes!
- N’ai-je pas juré de détruire l'Autriche V N’ai-je pas juré de détruire la Prusse?
« N’ai-je pas laissé aux Russes 1.200 canons pour bâtir un monument commémoratif de la victoire de Moscou ?
« N’ai-je pas conduit 498.000 hommes pour cueillir des lauriers en Russie? N’ai-jc pas incendié Moscou et laissé 400.CO0 braves soldats périr clans la neige pour le bien de la nation française?
[ Caricature de iioielandson, décembre 1813.]
* Depuis la défaite de Leipzig, depuis les victoires pompeusement annoncées dans les « Bulletins fameux » et qui se changeaient en défaites, la caricature avait transformé Napoléon en baron de Münchhausen, traitant ainsi ses conquêtes d'exploits imaginaires.