LA GRANDE PROCESSION DU COURONNEMENT DE NAPOLÉON, PREMIER EM
Sirijiiu-o:- T’ftui'liû. iiiuiKlftiu ? Derthtur. Beriiadoii-f, Au^reau ci î I.
rendrai <lr ln Police, partant 1< ? toute la Bravo m-orta des généraux ? fine
rlûivo «le lit Justice'. > républicain* maivluuii dans la pvo- 5 1
voir du cou- , Dames d'honneur. > Le rs de traîne j ci-darant. poissardes, s .Maje > portant la traîne de < et l’i 5 r 1 n 1 1 u- i :i tiii: 0 . < phiru
* Cette sorte <lc procession eliarivari(|ue. dont l'original mesure plus de 60 centimètres de long, obtint, dès son apparition, u des meilleures compositions de Gillray , comme valeur artistique .et une de scs charges les plus violentes contre les homme i linemenf pour la Hollande. Du reste, cette estampe subira, dans sa légende principale, bien des modi (ica lions, bien des gratis français, ou la grande farce de Napolëone Buonaparlc. créé empereur par lui seul, contre la volonté de fous. »
j.o fond est, comme on peut le voir, rempli d'inscriptions de toutes sortes. Au milieu, en latin, cette malicieuse inscription antres inscriptions sont en français. Sur les étendards : « S. P, Q. Nap. » « Un Dieu, un Napoléon. » etc... Sur les nuages de fu — les adorations des badauds — les congratulations des grenouilles, - les humilités des poltrons, » etc. — Dans le fond, d nier étendard se trouve comme armoiries la Mort, emblème de la puissance napoléonienne, s’il fallait s’en rapporter aux ea d’une certaine réalité, les personnages figurés ne visent pas à la ressemblance individuelle. Gillray s’est contenté, comme il dont ils marchent au pas militaire. Il faut remarquer, d’autre part, que l’impératrice Joséphine a été ridiculisée à plaisir, les delà halle. Qui croyaient-ils donc tromper on procédant ainsi '! Leurcaricature.il est vrai, par le crayon de Rowlaudsori su frës délicats des charmes et de la beauté féminine, on ne peut nier que ce ne fut là chose absolument voulue. Enfin, demie: ridiculiser, de tout salir.
Cette estampe n’est donc pas seulement une charge ordinaire, c’esL encore un véritable pamphlet graphique reproduisam prétentions de la nouvelle Cour voulant singer les belles manières de l’anciemie hiérarchie et laissant percer, par tous les de respect qu’elle avait pour le régime impérial, déjà traité par un de ses hommes d’État , d’imposture sans pareille. Et cel; nement impérial ». Enfin, à un autre point de vue, il est bon d’obser\er «pie les artistes anglais affectionnaient les charges d l’empereur des Français. Ceci pour bien démontrer que ces \iolenccs étaient dans le sang de la caricature d’outre-Manche. \oir cette caricature sans entrer dans la plus violente colère. Et si l’on songe aux pompes du couronnement, on trouvera ce
* Cette estampe a clé reproduite, tronquée, dans le volume Napoléon raconté par l’Image.
i|iem.il MajefVy .
ÆONE ÿ l't >
ipnfi |uftphir*r '
H.i HutiTVis PofJt l'iOS Vil Çon<iuOrti iy k' î ùi.l /'i t ’
Ca*rUna( ftt<A nff/Mj i'nt If
t FgUî’yoyid
; ’t. AT \.yU'.U*'
or-d. } Mt
^tAiok’Hy - 1
Xsllïyrr.nd ikio-jsi* ÿ "ï"’"
p p 3 n n .1 vr y Aiùi cf GLy j
ipt«alGrat« t ///i /n-^tr-'o/ Pn u. U»^!l ,J, P,„ «,.rs k,f t ? gucniparle
- »»'5 h ConFl''' <* lhttinp.,-1
'EREUR DE FRANCE- VUE DE L’ÉGLISE NOTRE-DAME LE ï DÉCEMBRE 1801.
•a Impériales us Napoléon I" pévatrlce José-
Sa Sainteté le pape Pie Vil guidé par son vieil ami le cardinal Fcseh. qui lui offre l'enccns.
Tiil leyrftml-rorigord,pre- < ISt'"- Tallevrand, ci-dovant 5 Les irois Grâces lmpémicr ministre et roi d'armes, l 'il"' 1 (otlicad la propliétesse, S riales : princesse Borglièse, povUvnt l'arbre gri-néalogi- i conduisant son héritier dans \ princesse Louis, chère amie iiuc de l’Empereur. S le chemin delà gloire. i 'le V Empereur, et princesse
J < Joseph Bonaparte,
Son Altesse Impériale le prince Louis Buonapartc.
Marbeuf, grand clmncelior de l’Etnpiro.
Caricature de James GiUray , publiée le 1 er janvier 1805.
succès considérable et lut publiée, à l’usage des pays coalisés, dans plusieurs langues : c’est très certainement, a la fois, une a nouveau régime, contre « la farce du couronnement impérial », suivant le titre qui lui est donné dans une édition faite clandes- ;es. Elle a été annoncée, tout récemment, dans un catalogue étranger, avec la mention : « Procession du couronnement du Cromwell
paraphrase de la prophétie virgilienne : Redeunt Salaria régna. Juin nova prcgenics cœlo ünnUlilv.ralto, tandis que toutes les lée, produits par l’encens, se lisent les appréciations suivantes, toutes on ne peut plus flatteuses : « Les hommages des canailles, sux personnages tenant. l’un un flacon d’opium, l'autre d’arsenic, « pour endormir et empoisonner le peuple français». Sur le dericatures des dessinateurs anglais. A part Tallevrand, toujours grotesquement affublé , et Napoléon dont la charge ne manque pas le fera toujours, d’esquisser certains types, mais l’ensemble est amusant par la façon dont fous ces dignitaires portent la trie cl Anglais, au lieu de la femme élégante que l'on sait, lui donnant toujours, je ne sais trop pourquoi . l’aspect d’une grosse matrone tout, se complaisait en ces chairs débordantes et mafflues; mats comme leurs artistes se sont «-gaiement montres des interprètes i insulte, parmi la garde d’honneur figurent le bourreau elle geôlier du Temple. C'était bien un parti pris de tout abaisser, de tout
toules les accusations lancées par les pamphlets littéraires contre les mœurs dissolues du nouveau souverain et contre les ores, la vieille défroque jacobine. Par le crayon de son premier artiste. l’Angleterre montrait ainsi, d’utie façon publique, le peu est d'autant plus à noter que les autres caricatures étrangères restèrent très sobres d’images vis-à-vis de la » farce du courons cortèges et des cérémonies et que GiUray, notamment, n’avait pas plus ménagé son propre souverain et 1 héritier du trône que ï’il faut ajouter foi aux récits de quelques contemporains, Napoléon, qui était loin d’étre un modèle de patience, ne pouvait pas sentiment tout naturel.
LES CARICATURES
gorique, aux figuralions éternellement humaines, doit prendre place dansl’arsenal du Rire et delà Satire, aux côtés des plus grandes conceptions de l’art graphique.
Mais il faut noter dans cette haine des Anglais contre Napoléon un acharnement peu commun, un acharnement tel qu’il devait finir par leur enlever la juste appréciation des choses. Les plus grands événements, les plus grandes cérémonies furent ainsi ridiculisés, faussés, dans un esprit de dénigrement systématique; plus Napoléon s’élevait, plus ils cédèrent au besoin infernal de le rapetisser, de lui arracher son auréole de gloire. Et cette tendance ne se remarque pas seulement dans la caricature, sur des estampes comme la fameuse procession de “Gillray pour la cérémonie du sacre à Notre-Dame, — une des planches maîtresses de l’artiste, — elle se manifeste, également, parmi les dessinateurs qui émettent l’intention de donner de cet événement une représentation fidèle. De même lors de la naissance du roi de Rome, de même avec les compositions qui visaient à pénétrer dans l’intimité du ménage impérial , de même dans ces planches, plus ou moins légères, où la naturelle pruderie anglaise n’était nullement offusquée par la vue d’orgies directoriales auxquelles prenaient part, — Barras régnante, — Joséphine et M” e Tallien.
Contrairement aux Allemands qui s’amusaient à exagérer la gloriole française, en ajoutant des kyrielles A’r aux qualificatifs consacrés, Grrande nation, Grrande Armée, Grrand Napoléon, John Bull ne voyait, lui, qu’un petit homme et des petites choses. Aux pompes du sacre enregistrées par toutes les gazettes , par toutes les estampes , il opposait une sorte de mariage à la chapelle sans cérémonial et sans assistants. Il faisait le vide de sa propre autorité; il ne voulait pas qu’on pût croire à un événement important, à une affluence quelconque de public. Il faussait sciemment la représentation des faits historiques.
Il y a plus , la caricature anglaise se refusa pendant longtemps à reconnaître l’existence de Napoléon ; elle était restée fidèle à la chrysalide , elle ne voulait pas voir le papillon. Le chapeau devint, peut-être, plus grotesquement gigantesque , les plumes plus énormes ; c’était toujours le général Buonaparte. Dans une gravure de 1814, il a encore sur le dossier de sa chaise le bonnet rouge et la guillotine, armes pariantes de la Révolution. Rares , très rares , les caricatures sur lesquelles apparaît un Napoléon couronné, avec le profil plus ou moins césarien que popularisaient, cependant, les portraits de tous les pays. Peu importe à John Bull cet « empereur de contrebande, ce petit roi ayant pour sceptre un grelot, qui se fi- « gure pouvoir faire passer comme authentique une couronne obtenue à l’aide de n quelques dollars volés » ; il ne connaît, lui, que Boney, et « avantcomme après » l'Empereur des Français sera toujours, à ses yeux, « le petit Boney ». La vieille Angleterre ne se laissa pas conter fleurette.
J’ai dit que la caricature anglaise était encore mal connue; je constate que je ne m’étais point trompé, puisque, tout récemment, une revue américaine, le C osmopolitan , de New-York, publiait sur ce sujet un article absolument ridicule, où les grandes et belles estampes satiriques de Gillray sont traitées d’œuvres sans
valeur. Parlant, entre autres, du Bonaparte apprenant la victoire de Nelson (voir, page SG , la reproduction de cette planche) , l’auteur dit : « Le dessin très naïf, avec sa conception enfantine , fera sans doute sourire nos lecteurs , ce qui n’empêche point qu’il n’ait joui d’un succès fou en son temps. » Quant aux Cruikshank , il les juge ainsi en deux lignes : « Ajoutons que les caricatures de George ne valent pas grand’chose, et que celles d’Isaac valent encore moins ». On ne saurait être plus sottement ignorant.
Même parti pris parmi nos prétendus critiques d’art. Tout récemment, l’auteur du Napoléon raconté par l'image, un livre qui ne vaut que par ses reproductions, par la façon luxueuse dont il a été édité, ne poussait-il pas la plaisanterie jusqu'à” écrire : « La verve satirique de Gillray est indéniable; mais peut-on sans injustice le placer au-dessus de notre grand Daumier et de Goya? Sa vraie place est à côté de Granville » (sic) — Grandville, ne vous déplaise, Monsieur l’inspecleur des Beaux-Arts, — « dont il a le maigre dessin en paraphe et l’ironie obscure. » Yit-on jamais plus absurde comparaison, et plus singulière conception du graphique!
Qui donc, ayant quelque sens du génie particulier aux hommes et aux races, pourrait penser à placer Gillray soit au- dessus soit au-dessous de Daumier! Gillray est Gillray, comme Daumier sera toujours Daumier, comme Goya reste l’Espagnol Goya. Au surplus, pourquoi s’arrêter à de pareilles billevesées!
Certes , entre tous les artistes qui apportèrent le concours de leur burin à la grande cause dont l’Angleterre s’était faite le champion, il y aurait un choix à faire ; certes, Anscll, Marks, Charles, ne valent pas les Gillray, les Rowlandson, les Cruikshank, mais le fait à retenir, la chose admirable, c’est la parfaite union, c’est l’entrain avec lesquels ne cessa de marcher et de produire ce bataillon de caricaturistes enrégimentés sous le même drapeau. Soldats d’une idée, ils la défendirent sans faiblesses , sans arrêt, chacun à son point de vue , chacun avec son talent. Ils annotaient, ils illustraient sans cesse; à peine un cuivre était-il gravé qu’un autre prenait sa place, quelquefois en quinze jours, d’autres fois en un mois , lorsque la composition était plus importante, — tel fut le cas pour le Gillray du sacre, — la planche était exécutée et mise en vente chez Tegg, chez Humphries, chez Ackermann , cet éditeur, non moins patriote, qui suscita et popularisa la mode des transparents en guise de feu de joie , pour célébrer les grandes défaites napoléoniennes. Après Leipzig, après Waterloo, Ackermann commanda à Rowlandson les compositions ici reproduites (voir Napoléon entre Wellington et Blücher et Napoléon et la Mort), qui mirent Londres en révolution, je veux dire qui amassèrent les badauds devant la boutique du marchand d’estampes.
La rue londonienne fut, du reste, particulièrement agitée et grouillante durant la période décisive des guerres du premier Empire. Un émigré écrivait en 1802 à Mallet du Pan : « Si Ton se bat là-bas, pour défendre ses biens et sa personne contre le grand agitateur corse , on se bat ici , à qui pourra le premier apercevoir les caricatures de Gillray devant le magasin de M. Ackermann. C’est un enthousiasme indescriptible quand le nouveau dessin apparaît; c’est presque de la folie. Il faut boxer pour arriver à se faire un passage. Et l’on m’affirme que, tous les jours, des ballots de ces caricatures sont expédiés au dehors ».
Douze ans après, cette agitation n’était point calmée, car un autre Français, l'auteur des Souvenirs de Londres en 4 814 et 1816 , écrivait : « En revenant à