Corr., II, 110W
i6 INTRODUCTION
... « Vous pouvez rassurer de vive voix que c'est en conséquence de mes instances particulières et réitérées que le Directoire m'a chargé d'ouvrir la route d'une nouvelle négociation. J*ambitionne bien plus le titre de sauveur que celui de destructeur du Saint-Siège ; vous savez vous-mêmes que nous avons toujours eu là-dessus des principes conformes, et, moyennant la faculté illimitée que m*a donnée le Directoire, si Ton veut être sage à Rome, nous en profiterons pour donner la paix à cette belle partie du moade et tranquilliser les consciences timorées de beaucoup de peuples \ »
La cardinal Maltei eut de la peine à décider le pape à des négociations. Même, Bonaparte fut obligé de rappeler Cacault et d'ordonner Tinvasion des États pontificaux. Au lendemain de la capitulation de Mantoue, il adressa une proclamation aux populations de ces États et y conduisit une petite armée. 11 séjourna quelques heures a (mola; Tévêque, le cardinal Chiaramonti, n'avait pas fui devant les Français et eut avec le général une conversation cordiale ^; Les troupes françaises occupèrent toute la Romagne, la marche d'Ancoiie, le duché d'Urbin; elles commencèrent la conquête de rOmbrie, le tout d'ailleurs presque sans coup férir.
Car Bonaparte n'était pas un Attila. 11 vit à Ancône une miraculeuse madone; elle ouvrait ou fermait les yeux, disait-on, et Grêlaient en Italie des signes considérables. Le général la prit dans ses mains, la palpa pour voir s'il n'y avait point quelque mécanisme caché, ne trouva rien, la rendit aux chanoines stupéfaits que la madone n'cftt pas châtié ce sacrilège. La madone de Lorette était plus célèbre; elle possédait un trésor de plusieurs millions; quand on y arriva, la plus grande partie du trésor avait disparu, par une sorte de miracle; Bonaparte se contenta d'expédier la madoDe à Paris au Directoire, qui ne sut qu'en faire et la déposa dans un magasin \
Cependant Tavant-garde de ses troupes était arrivée à Foligno, à trois journées de marche de Rome. Le pape enfin céda aux instances du cardinal Mattei et l'envoya au quartier général de Bonaparte, à Tolenlino, avec de pleins pouvoirs.