Corr-, II, 1+91. — Sorel, p
Un traité y fut négocié et signé en quelques heures le 19 fé- ▼rierl797.
L'article premier proclamait qu'il y aurait désormais paix, amitié et bonne intelljgence entre la République française et le pape Pie VI. Le pape révoquait toute adhésion à la coalition armée contre la France. Il renonçait à tous ses droits sur Avignon et le Comtat Venaissin; il renonçait « également à perpétuité, cédait et transportait à la République française — non pas à la République Cispadane — tous ses droits sur les territoires connus sous les noms de Légations de Bologne, Ferrare et la Romagne ». Ancône et son territoire devaient rester à la République française josqu'à la paix continentale. Le pape devait acquitter le reste des coûtributions flxées par l'armistice de Bologne, et son territoire serait évacué au fur et à mesure de ces paiements. Il devait faire désavouer, par un ministre à Paris, l'assassinat commis sur la personne du secrétaire de légation Bassville, et payer pour cela une indemnité de 300000 francs.
Il ne fut point question dans ce traité des affaires ecclésiastiques de la France. 11 a pour caractère essentiel une première mutilation du doma'me pontiRcal, l'abandon des Légations à la République française. Ainsi il portait l'attention de Bonaparte jusqu'à la mer Adriatique. En arrivant à Ancône, il s'écriait dans une lettre au Directoire : € Ancône est le seul port qui existe depuis Venise, sur l'Adriatique ; il est, sous tous les points de vue, très essentiel pour notre correspondance de Gonstantinople : en vingt-quatre heures on va d'ici en Macédoine ». Quelques jours après il redoublait : « Ancône est un très bon port; on va de là en vingt-quatre heures en Macédoine, et en dix jours à Gonstantinople.... Je fais mettre dans le meilleur état de défense la forteresse. 11 faut que nous conservions le port d'Ancône à la paix générale et qu'il reste toujours français. Gela nous donnera une grande influence sor la Porte Ottomane et nous rendra maîtres de la mer Adriatique, comme nous le sommes, par Marseille et la Gorse, de la Méditerranée ». Et il parlait d'y fonder une République indépendante, ce qui voulait dire dépendante de la France '.