Aff. Etr., Naples, n» 127, f
Italiûski, avait de la préférence pour les Anglais; il est vrai qu'il avait des goûts très particuliers pour une époque aussi agitée et une cour aussi brouillonne. C'était un passionné de science; il savait toutes les langues vivantes depuis le russe jusqu'au grec moderne et à l'arabe; les langues mortes lui étaient également familières, mais il aimait par-dessus tout les mathématiques transcendantes;'il vivait enfermé dans son cabinet; point de fantaisies, point de femmes, aucune liaison particulière, sauf avec un petit nombre d'hommes instruits. Incapable par suite de s'intéresser beaucoup à une pause politique, Alquîer estimait qu'on lui ferait plaisir en lui offrant des livres classiques, par exemple la collection Didot*. Il allait être remplacé en janvier 1803 par M. de Tatistchef, qui devait donner à la politique anglaise un concours plus actif.
Ainsi la cour de Naples était alors comme le quartier général des Anglais dans la Méditerranée. Actou et Nelson tenaient le gouvernement napolitain dans le système qui pourtant lui avait été déjà très funeste et avait compromis même son indépendance. Dès son arrivée, Alquier le déclarait continuellement : « Dans le cabinet sicilien, le chevalier Acton n'est qu'un membre du cabinet britannique; il a pour la France une haine violente que rien ne peut éteindre; tant que durera son viziriat, Naples ne sera ni attachée ni fidèle '. »
Et Naples était donc un des champs de la lutte entre la France et l'Angleterre, un des points critiques du problème de la Méditerranée à cette date, par conséquent un des objets essentiels de la politique napoléonienne.
On ne fut pas longtemps à remarier le prince royal de Naples. Sa femme était morte le 14 novembre 1801 ; quelques jours après Alquîer recevait la nouvelle officielle d'un double projet de mariage du prince royal avec l'infante Marie-Isabelle d'Espagne et de sa sœur Marie-Antoinette de Naples avec le prince des Asturies ; dès le commencement de janvier la date de ces mariages était fixée au mois de septembre 1802.
La reine de Naples aurait sans doute préféré marier son fils à une autre princesse autrichienne; mais elle aimait peu le prince