‹ Napoléon en ItalieChapitre 99 sur 423 · Aff. Elr., Naples, n« 128, f · texte numérisé non relu

Aff. Elr., Naples, n« 128, f

2. Aff. Elr., Naples, n- 127, r 203. — Cli. Auriol, op. cil,, I, 39.

158 MàRENGO (1800-1802)

le 14 novembre 1801 *, et tout de suite il fallut se préoccuper de trouver au prince héréditaire une autre femme; car, « indépendamment des motifs politiques, son énorme santé avertit qu*on doit s'occuper de le marier, et sa rigoureuse dévotion, qui l'éloigné de toute espèce de galanterie, rend cette précaution infiniment pressante* ».

La famille royale de Naples avait donc beaucoup de ressemblance avec la famille royale de Madrid : rois, reines, princes héréditaires, étaient également vicieux ou incapables; la maison de Bourbon par eux semblait arrivée au dernier terme de la décadence, prête à une ruine totale et prochaine, et Alquicr ne dut pas se trouver beaucoup dépaysé à passer de Tune à l'autre cour.

Mais Acton, le minisire favori à Naples, n'avait plus les grâces et le prestige de Godoï, le prince de la Paix. Quoiqu'il eût récemment épousé une jeune fille de 15 ans, il était désormais un vieillard. Pourtant il se tenait fermement au pouvoir et contenait même l'influence de la reine qui n'avait plus pour lui les sentiments d'autrefois. Né à Besançon d'une famille irlandaise, venu à Naples comme officier de la marine anglaise, la faveur de la reine Marie- Caroline l'avait appelé au ministère à la place de Tanucci et il n'avait pas continué Tœuvre réformatrice de son prédécesseur. Il s'était prononcé de bonne heure contre les tendances libérales de la haute société napolitaine; il avait préféré soutenir son autorité par l'influence du clergé, et ainsi dès le commencement de la Bévolulion française il avait pris vigoureusement parti contre la France, par esprit de solidarité à l'égard de la cause des Bourbons détrônés à Paris, par ambition aussi de jouer un grand rôle en Italie.

Vaincu en 1798, vaincu en 1801 , il ne désespérait pas de prendre sa revanche. Il n'en voyait la possibilité que par Talliance anglaise; il demeurait à Naples profondément anglais; il soutenait son crédit par l'amitié de la reine pour Emma Hamilton, la femme de l'ambassadeur britannique. Il prenait souvent les conseils du gouvernement anglais. Après Hamilton, Drummond, puis Elliot, furent aussi puissants à la cour du roi Ferdinand. Même le ministre de Russie,

1. Elle ne laissait qu'une fille, la princesse Caroline, qui fut plus tard duchesse de Berry {Souvenirs de la baronne du Monlet, i-4).

Page 1