‹ Napoléon en ItalieChapitre 103 sur 423 · Aff. Etr., n* 128, r · texte numérisé non relu

Aff. Etr., n* 128, r

tioD (?). La reine, en approuvant avec bonté la demande de la princesse Guerrazzi, lui dit : « Plaignez-moi, je suis dans le même cas que vous ; ce malheureux prince d'Espagne est impuissant et ma fille est sacrifiée. » De sorte qu'après une déclaration aussi authentique et aussi scandaleuse, la légitimité des descendants sera au moins contestable dans Topinion. »

« Je reçois souvent des lettres d'Antoinette, dit un jour la reine à l'ambassadeur; elle n'aime pas les gens avec lesquels elle est obligée de vivre. Cependant elle leur fait la cour; elle le doit; mais, quand elle les salue, ce sont les genoux qui plient et non pas le coeur. La reine affecte de la traiter avec beaucoup de civilité; mais ma fille n'est pas abusée par cette affectation. On lobserve avec inquiétude, et elle s'aperçoit déjà qu'elle excite la jalousie de la reine. Au reste elle voit tout et sait tout. Je lui avais écrit de broder des habits pour la madone la plus célèbre du pays, que cela ferait bien pour la canaille d'Espagne. Elle ma répondu que d'elle-même elle y avait pensé, mais que cette attention déplairait et serait prise pour une prétention à la popularité. Ma fille, accoutumée à voir du monde et à vivre en intimité avec sa famille, est dans un isolement affreux. Son mari l'excède; il est dans l'admiration lorsqu'il la voit écrire ou lire. II la trouble dans les moments où elle se retire pour s'occuper de son instruction; mais elle ne lui permet plus d'entrer dans son cabinet que sous la condition d'y être fort tranquille. Quanta lui, il est d'une ignorance inconcevable ; il ne sait pas seulement quel il est, quels sont ses droits, quel est le royaume sur lequel il doit régner et s'il existe d'autres pays que celui dans lequel il est né. »

« Tout cela fut dit, ajoute Alquier, avec une volubilité imperturbable et je me serais enorgueilli de cette singulière confidence que je rapporte mot pour mot, si je ne m'étais pas rappelé que les femmes de chambre du château l'avaient déjà reçue et qu'elles avaient de plus que moi l'heureux privilège de l'entendre répéter tous les jours *. »

Quelques semaines après la situation était toujours la même : « Les choses, disait la reine, en sont toujours où vous savez dans ce pays-là. C'est une affaire décidée, il n'est pas homme. Les

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