Aff. Etr., Naples, n» 128, f
et sans réserve ou exception quelconque » ; et comnae le pape refusait de sanctionner d'un trait de plume des actes qu'il ne connaissait pas, le gouvernement de Saint-Pétersbourg lui adressait un véritable ultimatum*.
D'autre côté, le roi d'Espagne informait le pape de sa résolution de séparer de l'ordre les biens de Malte situés dans son royaume, et se déclarait le chef suprême au temporel des langues et assemblées de Malte en Espagne. Le pape ne s'y opposa point : « Je ne puis empêcher, écrivit-il humblement, ce que Votre Majesté a jugé à propos de faire. » Il exprimait seulement l'espoir qu'il en résulterait du bien pour l'ordre ^ Les temps étaient durs pour la papauté, qu'on ne respectait plus. Elle perdait à ce moment toute autorité en Allemagne par la sécularisation générale des évêchés et des abbayes. Et Cacaull, le ministre français à Rome, se lamentait : « La qualité de souverain Pontife rend la condition des papes la plus dure et la plus malheureuse d'entre les hommes. »
Pour en finir et éviter d'autres schismes que celui de l'Espagne, les gouvernements anglais et français se mirent d'accord avec la Russie sur la procédure à suivre : les chevaliers de Malte réunis en leurs prieurés désigneraient des candidats parmi lesquels le pape choisirait le grand maître. On put enfin aboutir.
Bonaparte s'intéressa beaucoup à cette élection, et Gacault fut chargé de veiller à la garantie des intérêts français. Le 14 septembre 1^2, le pape nomma à la grand-maitrise le bailli Ruspoli et l'invita à se rendre immédiatement à Malte. Mais Ruspoli voyageait alors et on fut quelque temps avant de savoir où il était; on le chercha en Irlande, aux Hébrides*; on le trouva, on l'informa de son élection; en décembre 1802, il annonça son refus, et il fut impossible de l'en faire revenir. Le pape, après quelques instances, fut obligé de se décider à un autre choix; le
10 février 1803, il nommia grand-maître le bailli Tommasi, qui habitait Messine, et pouvait être vite à son poste *.
Tommasi, dont l'élection fut agréable à Bonaparte, fit du zèle.
11 expédia aussitôt à Malte le commandeur Buzy avec le titre