Corr., II, 1475, 1477; ÏIÏ
DuAVLT. — Italie. 2
Il ne s'agissait plus seulement, comme au printemps précédent , de dominer Tllalie autour de la Lombardie, depuis le Tyrol jusqu'à Rome. La pensée de Bonaparte ouvrait Thorizon vers rOrient. Il ne s'agissait plus de délivrer les peuples de leurs tyrans, de forcer TAutriche à la paix, d obtenir de toute l'Europe la reconnaissance des frontières naturelles de la France. Bonaparte faisait revivre, avec toute la puissance de l'expansion révolutionnaire, l'esprit de magnificence des anciennes guerres royales, du temps où Charles YIII à Naples mettait sur sa tête la couronne des Empereurs d'Orient*.
Déjà alors il fallut à Bonaparte une marche sur Vienne pour forcer l'accès des pays ottomans; toute victoire sur l'Autriche, en effet, a son fruit dans les Balkans, parce que, depuis que les Habsbourg n'ont plus l'Espagne et qu'ils rencontrent des obstacles en Allemagne et sur le Rhin, ils ont de grands intérêts orientaux. Bonaparte devait avoir plusieurs occasions de faire cette expérience.
La campagne des Alpes, commencée le 12 mars, ne dura qu'un mois. En quelques jours Bonaparte franchit la Piave, le TagUamento, le col de Tarvis, entra en Carinthie. Bernadolle envoyé en Carniole eut l'ordre d'y établir un gouvernement local, composé de dix membres qui seraient pris dans tous les états et qui prêteraient serment à la République Française. Bonaparte luimême, dans une proclamation au peuple de Carinthie, lui offrit l'amitié du peuple français, lui garantit le libre exercice de la religion, y nomma un gouvernement central de dix membres. 11 s'agissait d'ailleurs surtout de faciliter les approvisionnements de l'armée. Pourtant Bonaparte ne voulut pas procéder par pure réquisition militaire. C'était comme un premier apprentissage du gouvernement des peuples d'IUyrie. Car en cette campagne on rencontre le premier dessin de presque tous les traits de ses entreprises futures.
Puis, à travers la Styrie, il atteignit Léoben, son avant-garde