‹ Napoléon en ItalieChapitre 112 sur 423 · lyUaussonville · texte numérisé non relu

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réieclion d'un pontife plus docile. Il suffit de constater leur mau- Yaise volonté à Tégard de Pie Vil ; peut-être attendaient-ils la nouvelle d'une victoire décisive de Mêlas pour affirmer hautement leurs prétentions.

En débarquant à Pesaro, le pape apprit le résultat très imprévu de la bataille de Marengo. Il y gagna un changement soudain dans la conduite de TAutriche; dès Foligno, près de Pérouse, un envoyé de l'Empereur lui restitua officiellement tout le domaine temporel ; c'était sans doute pour ne pas le laisser aux mains des Français \ Quelques jours après, Pie VU rentrait à Rome au milieu des acclamations du peuple.

Les premiers renseignements que Bonaparte reçut au sujet du nouveau pontife lui furent sans doute fournis par le ministre de France à Rome, Cacault, et par Alquier, qui y passait pour rejoindre son poste à Naples.

« Cacault, écrivait Alquier à Talleyrand, prétend que le pape est un homme très fort; je ne peux pas être de cet avis-là... Comptez plutôt que le pape est tout ce qu'il y a de plus médiocre. Duclos votre courrier est allé lui faire visite ; le pape l'a reçu au milieu d\ine congrégation de cardinaux, l'a comblé de caresses et lui a donné un chapelet; ce qu'il y a de plus fort, c'est que Duclos a été conduit jusqu'à la dernière antichambre par le cardinal Consalvi*. »

Et ailleurs, après une audience du Saint-Père :

< Ce pontife m'a paru un homme simple et bon et animé des dispositions les plus pacifiques. Je le crois absolument sans esprit. Son extérieur est touchant, mais sans aucune dignité personnelle, et il conserve au milieu de l'éclat de son rang le ton et les formes du cloître dans lequel il a passé une grande partie de sa vie. Le pape distribue lui-même aux pauvres, dont la ville est encombrée, la plus grande partie des sommes affectées à Tentre-

1. D'Haussonville, I, 43-45. — L'auteur interprète ces événements surtout d'tprès les Mémoires du cardinal Consalvi, I, 280-289. 1 AIT. Elr., Naples, n» 127, f 121.

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tien de sa personne, et la dépense de sa table ne s'élève pas à plus de 10 francs par jour. Les Romains sont persuadés qu'il ne possède pas le talent de gouverner; raais ils respectent ses vertus et lui tiennent compte surtout de rengagement qu'il a pris de ne reconnaître aucun de ses parents... Il est impossible de vous donner une idée de Tembarras, de la timidité, de la faiblesse de ce gouvernement. La plus légère difficulté le déconcerte, et il arrive presque toujours qu'il prend dans les affs^ires le parti le plus inconséquent en lui-même ou le plus nuisible à ses intérêts*. »

Bonaparte nota ces traits dans lesquels l'avenir prouva qu'il y avait de la vérité et de l'erreur.

La bataille de Marengo, en arrachant les États pontificaux aux prétentions des Autrichiens et des Napolitains, obligea le pape à quelque reconnaissance à l'égard du Premier Consul ; d'ailleurs celui-ci manifestait pour la religion des intentions fort différentes de celles des gouvernements révolutionnaires auxquels il succédait; il montrait une sollicitude toute particulière pour les intérêts du clergé de la Cisalpine; il déclarait hautement qu'il avait besoin de l'appui de l'Église pour le rétablissement de l'ordre, même en France. Dès lors les relations pouvaient être amicales entre le nouveau pape et Bonaparte.

Et d'abord le gouvernement pontifical, en reprenant possession de Rome, s'abstint de toutes représailles contre ses adversaires; il est vrai qu'ils avaient été suffisamment maltraités par les généraux napolitains. Les anciens consuls de la République Romaine, Mattei et Zaccaleoni, qui avaient été enfermés au Château Saint- Ange, furent Hélivrés ; le gouvernement provisoire institué par le roi de Naples fut supprimé et l'ancien régime pontifical fut rétabli « par l'oubli de tout ce qui était arrivé à l'occasion de la révolulion »*.

La question des biens nationaux fut plus longue à résoudre. Pendant les quelques mois qu'avait duré la République Romaine, les biens ecclésiastiques avaient été en grande partie confisqués et mis en vente; quelques terres avaient été achetées, à des condi-

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