‹ Napoléon en ItalieChapitre 115 sur 423 · Lettre de Bernier : AfT. Etr., Rome, 930, p · texte numérisé non relu

Lettre de Bernier : AfT. Etr., Rome, 930, p

sait instable, incertaine du lendemain. A mesure que les églises se rouvraient à Fancien culte, les esprits, les cœurs plutôt se pénétraient d'une tendresse nouvelle pour les idées mystiques, pour la poésie de la foi : Chateaubriand publiait avec un succès extraordinaire son Atala, en mars 1801, en attendant le Génie du christianisme Tannée suivante. Ce n'est pas le lieu de rechercher les causes profondes de ce mouvement d'opinion; il est peut-être surtout le fruit d'une sorte de détente morale au lendemain des drames terribles de la Révolution, un effort pour se réfugier à l'abri de la foi, comme aussi sous la protection d'un maître; et ainsi la grande popularité du Premier Consul à cette date, et la renaissance religieuse contemporaine seraient deux aspects d'une même transformation de l'esprit public. Là fut toute la force de Bonaparte : il saisit habilement son avantage.

11 continua en France sa faveur au clergé catholique, comme à Milan; il lui rendit les églises en grand nombre. 11 ne laissa pas ignorer au pape les bonnes dispositions où il était. Une statue de Notre-Dame-de-Lorette, prise dans les États pontificaux en 1797, avait été apportée à Paris et déposée au cabinet des antiques; « cet objet de la vénération de l'Italie, dit Talleyrand, était devenu celui de la curiosité et d'un genre de sarcasmes qui ne pouvaient qu'affliger sans motif le chef de l'Église romaine et qui d'ailleurs étaient peu compatibles avec la tolérance qu'il était bon de faire régner entre les différentes opinions religieuses ». On mit donc un terme à cette exposition inconvenante; la statue fut déposée en lieu de sûreté, puis renvoyée au pape qui en témoigna sa reconnaissance*.

Lors de la campagne de Marengo, Bonaparte s'était entendu avec le cardinal de Martiniana, évêque de Verceil, pour le règlement des affaires ecclésiastiques dans l'Italie du Nord. H lui avait dit à cette occasion son désir de régler de même les affaires ecclésiastiques de la France et de se mettre en rapport pour cela avec un représentant du Saint-Siège, par exemple avec Mgr Spina, archevêque de Corinthe inparlibuSy qu'il avait eu l'occasion de voir à Valence en revenant d'Egypte. Le cardinal Martiniana en écrivit aussitôt à Rome, et le pape se hâta de satisfaire à la demande

Page 1