‹ Napoléon en ItalieChapitre 116 sur 423 · I. AfT. Etr., Rome, 930, pièce · texte numérisé non relu

I. AfT. Etr., Rome, 930, pièce

du Premier Consul; Mgr Spiria se rendit à Paris, accompagné d'un savant théologien, le père Caselli*. Bonaparte fut content qu'aux yeux de l'opinion publique les premiers pas parussent faits par le pape; il ne lui plaisait pas d^avouer le besoin qu'il avait de l'Église; mais le pape ne manqua pas de s'en rendre compte et tenta d'en proflter : car ce ne sont pas là deux alliés qui vont l'un vers l'autre à cœur ouvert, ce sont deux adversaires rapprochés par des circonstances dont ils calculent minutieusement les bénéfices. Aussi les négociations furent-elles longues.

Il ne s'agit point ici de refaire ni même d'esquisser une histoire du Concordat, mais seulement de rechercher la pensée politique de Napoléon en ses étapes successives '.

Trois conseillers d'État, Portalis, Cretet, Bigot de Préameneu furent chargés de suivre la question du Concordat; mais le principal négociateur du côté français fut l'abbé Bemier : il mit autant d'ardeur au service du Premier Consul qu'il en avait mis autrefois au service de la cause catholique en Vendée.

Le pape fil offrir par Spina d écrire à tous les princes chrétiens pour les engager à faire la paix avec la France. C'était au moment de la paix de Lunéville; il n'eût point été fâché de trouver dans les bonnes dispositions du Premier Consul quelques avantages matériels pour le patrimoine de Saint-Pierre ; il craignait que les Légations ne fussent détachées de la République Cisalpine pour indemniser le roi de Sardaigne dépouillé du Piémont, et qu'ainsi elles ne fussent à jamais perdues pour le Saint-Siège*. Le gouvernement français ne répondit point aussitôt sur la question des Légations, mais il ne voulut point profiter des bons offices de la papauté auprès des puissances chrétiennes : Bemier observait lui-même, qu'en ce qui concernait les affaires exlérieures, « la voix de Pierre n'était plus ce qu'elle avait été autrefois* », qu'elle ne poi^vait être utile que pour désarmer les ennemis du dedans. Il n'était question en effet que de cela, non pas de refaire le pres-

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