AIT. Etr., Rome, 930, pièces
4, AIT. Etr., Rome, 930, p. 43.
tige de la papauté par un grand rôle politique, mais seulement de l'employer à la pacification des esprits en France.
Bonaparte le disait nettement à Pelet (de la Lozère) : « Quant i moi, je ne vois pas dans la religion le mystère de Tincarnation^ mais le mystère de Tordre social ». — « La société, disait-il encore à Ro&derer, ne peut exister sans l'inégalité des fortunes, et Tinégalité des fortunes ne peut subsister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d'un autre qui regorge, il lai est impossible d'accéder à cette différence, s'il n'y a pas là une autorité qui lui dise : Dieu le veut ainsi; il faut qu'il y ait des pauvres et des riches dans le monde; mais ensuite, et pendant Télernité, le partage se fera autrement. * »
Spina n'eut donc à s'occuper que de la restauration de l'Ëgnse catholique en France; la besogne était d'importance. Il y eut de l'opposition, 10 000 prêtres mariés exprimèrent leurs inquiétudes dans une adresse au Premier Consul *. Les prêtres constitutionnels, alor8 réunis en concile national, estimaient qu'il n'y avait pas lieu de rendre au pape son ancienne autorité sur l'Église de France. Mais le Premier Consul tenait à son idée et n'était pas homme à céder aux objections.
Bemier et Spina se mirent assez aisément d'accord sur quelques-uns des principes essentiels d'un concordat, la nomination des évèques par le gouvernement et leur institution canonique par le Saint-Siège, l'abandon par l'Église de toute prétention sur les biens nationaux.
11 y eut plus de diffic<és sur d'autres points : le pape voulait que la religion catholique fût proclamée religion de l'État, comme elle l'était de fait sous l'ancien régime; il voulait lui rendre aussi toute son ancienne prépondérance et par là n'était pas amené à reconnaître la liberté des cultes et l'existence d'autres religions en France. De plus il ne voulait pas admettre les constitutionnels parmi les évoques qui devaient être définitivement institués, à moins d'une renonciation formelle à leurs erreurs passées, à quoi ils étaient mal disposés. Bonaparte ne voulait pas abandonner leur
1. Pelet (de la Lozère), Opinions de Napoléon, p. 223. — Rœderer, Œuvres m, 335. — Citations par Aulard, Histoire politique de la Révolution française, p. 734.