AIT. Etr., Rome, 930, pièce
184 MÂRËN60 (1800-1802)
cause, car il avait plus de contiance en eux que dans les évéques émigrés, pour la plupart royalistes.
On ne put aboutir sur ces points. L'hiver sç passa; le traité de Lunéville fut signé en février 1801. Bonaparte fut plus libre d'agir. Talleyrand entra en scène.
Dans l'entourage du Premier Consul beaucoup blâmaient plus ou moins ouvertement ridée d'un concordat, redoutaient l'influence qui allait être ainsi rendue au Saint-Siège. Le chef de la division politique au Ministère des Relations extérieures, M. d'Hauterive, avait été élève, puis professeur chez les Oratoriens, et, sans avoir jamais été dans les ordres, il était resté fort janséniste : c'est dire les efforts qu'il faisait pour empêcher que les libertés de l'Église gallicane ne fussent compromises, la défiance où il était au sujet d'un accord avec Rome *.
Bonaparte dut s'en émouvoir et chercher les moyens d'éviter le danger qu'on lui dénonçait. 11 en demanda un rapport à Talleyrand : ce rapport fut présenté au Premier Consul le 22 mars 1801; il précise la question avec une très grande netteté : « Par les premières notions qu'on a pu recueillir des dispositions de la cour de Rome relativement au grand objet que le Premier Consul a eu en vue en cherchant à rétablir la religion en France, il paraîtrait que . les ministres de celle cour ont vu dans cet événement une occasion favorable à son ambition. Je crois pouvoir assurer, d'après ma correspondance et d'après les entretiens que j'ai eus avec des personnes attachées au Saint-Siège, que dans les discussions qui vont s'ouvrir, on ne manquera pas de reproduire ces anciennes maximes ultramontaines qui ont si longtemps agité l'Europe et qu'en France seule on a réussi à bien combattre.
« L'intention du Premier Consul n'est pas de rétablir un culte superstitieux, intolérant et subjugué par une influence étrangère 11 veut relever le catholicisme non tel que les théologiens de Rome depuis Grégoire VII et Boniface VllI ont voulu l'imposer aux nations chrétiennes, mais tel qu'il a été reçu en France lorsque ce royaume s'est converti à la foi chrétienne et tel qu'il s'est maintenu par le concours du zèle éclairé des princes ses prédécesseurs, des magistrats, des évêques français et conformément enOn aux principes de l'Église gallicane.