‹ Napoléon en ItalieChapitre 119 sur 423 · I. AIT. Elr., Home, 931, pièces · texte numérisé non relu

I. AIT. Elr., Home, 931, pièces

w Le Premier Consul m'a ordonné de rechercher ces principes dans les actes authentiques et les ouvrages consacrés par l'opinion publique où ils ont été énoncés; j'ai l'honneur de mettre sous ses yeux : 1* la déclaration du clergé de France du 25 mars 1682; 2* un extrait fait avec quelque étendue du célèbre ouvrage de Bossuet en défense des quatre articles de cette déclaration ; 3* le quatorzième discours de l'abbé Fleury sur les libertés de l'Église gallicane.

« D'après les ordres formels du Premier Consul, je recommanderai aux personnes qu'il chargera de négocier avec les ministres du Saint-Siège, de se pénétrer des principes qui sont exposés dans ces écrits et de les regarder comme des instructions rigoureuses dont il ne leur sera jamais permis de s*écarter, la volonté ferme et arrêtée du gouvernement français étant de relever les autels d'une religion qui soit aussi libre et aussi pure que celle qui a été professée par nos ancêtres *. >>

Il est à présumer, d'après les recherches cpi'il faisait faire, que le Premier Consul ne savait pas ce que c'était que le gallicanisme, qu'en présence des prétentions de la cour de Rome il prépara des armes pour les combattre. Dès lors il fut le plus ardent apôtre du gallicanisme, le plus remarquable disciple de Bossuet, conversion extraordinaire dont l'évêque de Meaux eût été fier. Les documents du Ministère des Relations extérieures sont remplis de citations de Bossuet, de copies de ses ouvrages, de dissertations sur sa doctrine. Jusqu'à la fin de l'Empire, Napoléon s'attacha avec une admirable fidélité aux enseignements de Bossuet, au point de prétendre en imposer la reconnaissance au pape lui-même. Ce fut le dernier grand effort du gallicanisme : une liberté qui périt pour être devenue un instrument d'autorité.

Bonaparte sentit confusément les contradictions où l'entraînait sa politique religieuse. Toute la force du gallicanisme est dans l'autorité qu'il attribue aux évêques et à leurs conciles, en opposition avec l'autorité absolue à laquelle prétendent les papes. Or comment Bonaparte se serait-il vraiment fortifié par l'appui du gallicanisme dans le temps même où il reconnaissait au pape seul Tautorité nécessaire pour restaurer l'Église de France, destituer

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