‹ Napoléon en ItalieChapitre 122 sur 423 · AIT. Etr., Rome, 930, pièces 136, 185; — 931, pièce · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Rome, 930, pièces 136, 185; — 931, pièce

étaient diplomatiques. Les cardinaux, sur rapport de Di Pietro, apportèrent de sérieuses modifications au projet français. Ils ne demandaient plus que le catholicisme fût déclaré religion d'État; le pape ne s'engageait pas à exiger la démission des évoques « légitimes », il faut entendre les réfractaires ; il ne parlait point des évêques constitutionnels, il promettait simplement de ne pas inquiéter les acquéreurs de biens ecclésiastiques; il voulait que des fondations, même immobilières, pussent être instituées en faveur des églises, et qu'ainsi la fortune du clergé pût être un jour restaurée * ; toutes conditions qui, sous la haute tutelle du Saint- Siège, étaient destiné^ à refaire plus forte -encore l'ancienne puissance de l'Église.

Même le pape, sous prétexte de modifier quelques tournures et expressions qui n'étaient pas suffisamment Ihéologiques, exprimait à Cacault l'opinion qu'il vaudrait mieux qu'il fit une bulle < où tous les articles du Concordat seraient compris, sans user de la forme d'un traité; il serait ainsi un peu plus libre de.parlerà sa manière » *. On ne peut p^s avouer plus naïvement la pensée de procéder seul à la restauration de l'Église de France, afin qu'elle fût uniquement dépendante de la papauté. Il est impossible d'admettre qu'il n'y eût là que des scrupules de grammaire ou de rhétorique. Napoléon d'ailleurs n'était point disposé à tomber dans ce piège.

Donc, le H mai 1801, la réponse du pape au projet français partit pour Paris, accompagnée d'une lettre personnelle de Pie VII au Premier Consul, longue dissertation théologique à laquelle Bonaparte n'était pas préparé par ses travaux ordinaires et que sans doute il ne chercha pas à comprendre tout à fait; il eût peutêtre craint d'y découvrir des prétentions inadmissibles.

Il ne s'en mit pas à peine. Il commençait à s'impatienter des interminables délibérations de la cour de Rome. A la fin d avril, 5000 hommes d'infanterie et 600 de cavalerie furent dirigés sur les Marches et le duché d'Urbin'.

1. Debidour, Histoire des relations de P Église et de VEtal en France^ p. 203 et note (Paris, F. Alcan).

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