‹ Napoléon en ItalieChapitre 123 sur 423 · AIT. Etr., Rome, 930, pièce · texte numérisé non relu

AIT. Etr., Rome, 930, pièce

Le 19 mai, Talleyrand adressa à €acault une terrible dépèche. 11 demandait expressément la fin de cette discussion où la cour de Rome ne s'était montrée que < vétilleuse, malveillante et dissimulée ». II exigeait une détermination définitive dans les cinq jours, à partir du moment où Gacault aurait reçu ces instructions; sinon, Gacault devait immédiatement quitter Rome et se retirer auprès du général en chef, à Florence. Le ministre ajoutait, menaçant : t Rien n'est encore canoniquement établi sur la nomination du souverain pontife; cette nomination faite sous Tinfluence immédiate et directe d'une seule puissance (au conclave de Venise) a besoin d'être reconnue par toutes les puissances intéressées à sa légalité, et son appareil et ses formes ne l'ont pas consacrée peutêtre avec une suffisante authenticité. Dans une telle situation, y at-il de la prudence à épiloguer sur un mode de réconciliation politique et religieuse avec le gouvernement le plus puissant de l'Europe et avec la nation la plus nombreuse du catholicisme chrétien * ? »

Gacault fit passer cette dépêche au gouvernement pontifical. Puis il alla voir Consalvi ; il le trouva au lit, malade, à la fièvre, dans une extrême agitation,' déclarant que le pape en mourrait.

Ensuite il alla trouver le pape et l'enferma € dans le cercle de Popilius », eu lui remettant son ultimatum. Pie VIF ne fut pas seulement ébranlé ; il était soutenu par tout le collège des cardinaux : « Si la paix, écrivait ensuite Consalvi à Gacault, ne peut se cqnclure que par l'acceptation du projet de convention sans aucune modification et dans les termes mêmes dans lesquels il a été conçu, le Saint-Père se verra forcé avec la plus vive douleur de se récuser, et il n'attendra plus le rétablissement du catholicisme en France que de ses prières, des vœux fervents de la majeure partie de la nalion française et de ceux de l'ÉgHse entière* ».

Gacault devait rompre dans les cinq jours ; il n'avait pas d'autres instructions. Sans doute sa retraite à Florence serait suivie d'une intervention militaire, et la négociation du Goncordat en

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