‹ Napoléon en ItalieChapitre 128 sur 423 · AfT. Etr., Rome, 932, pièce · texte numérisé non relu

AfT. Etr., Rome, 932, pièce

Le Concordat obtenu, le moment était venu de célébrer le possesso; sans doute le Saint-Siège n'avait pas les Légations; il avait mieux. Le possesso de Noël 1801 fut la fête de la conquête de la France, de la restauration de TÉglise de Rome. En voulant refaire rEmpire, Bonaparte avait refait aussi le Sacerdoce.

L'anné 180^ peut marquer une première étape dans la carrière de Bonaparte en Italie. Il avait recueilli déjà des fruits importants de sa victoire de Marengo. 11 gardait définitivement le Piémont, réuni à la France; c'était le chemin de rilalie, à portée d'en régler les destinées. Mais dans le reste de Tltalie il autorisait les espérances de liberté. La Uépublique Ligurienne avait une constitution dont le te\le écrit garantissait son indépendance. La République Cisalpine avait aussi sa constitution qui avait un semblant d'application, son vice-président Melzi qui avait un semblant d'autorité; elle ne s'en contentait pas, mais elle espérait mieux, et le nom de République Italienne qu'elle venait de prendre calmait les impatiences des patriotes : Bonaparte leur faisait attendre la liberté en leur promettant l'unité.

Les Bourbons étaient maintenus et même fortifiés dans le centre et le sud de la péninsule. Ils n'avaient plus Parme, que Bonaparte d'ailleurs n'a\ait pas encore annexé; mais TEtrurie leur valait mieux. Ils gardaient Naples aussi. Bonaparte cherchait à fonder avec eux une sorte d'union latine qui lui assurerait la domination de la Méditerranée. H parlait de renverser le chevalier Acton, mais non pas la reine Marie-Caroline. 11 s'était mis d'accord avec la papauté dans la pensée de consacrer son autorité.

Préoccupé surtout de consolider' son pouvoir en France, il ménageait encore les puissances établies en Italie, et s'il n'avait plus guère i y redouter la rivalité de l'Autriche, si l'indépendance de ritalie du Nord était illusoire, celle des Bourbons était à peu près complète cl la papauté était plus forte qu'elle ne l'avait été depuis plusieurs siècles.

C'était un régime politique qui, comme en France la constitution de l'an X, paraissait organiser la liberté de l'Italie et renfermait les instruments de sa soumision, promesse de liberté ou menace de servitude.

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