CHAPITRE VIII
I. — L'installation du gouvernement de la République Italienne. — La question ecclésiastique; difficulté de sa solution; le Concordat italien (16 sept. 1803) et le décret organique du 26 janvier 1804. — Maddalena Vestali et le curé de Cornalba.
II. ~ L'organisation de la République Italienne. — Grande prospérité matérielle. — La route du Simplon. — Le Dôme.
IIL — La situation politique de la République; messages et rapports de Melzi. — IndilTérence et mécontentement; les séances du Ck)rps légîslalif. — Les charges de Foccupation française.
IV. — L'affaire Ceroni-Cicognara. — Melzi et Murât; les intrigues et inventions calomnieuses contre Melzi. — La réconciliation.
V. — Première organisation de la nouvelle armée italienne. — La conscription. — La succession du duc de Parme. — L'affaire Aldini. — Agitation à Bologne ; les sociétés secrètes. — La mission de Jacob ; son portrait de Melzi.
Le 7 pluviôse an X (27 janvier 1802), en partant de Lyon, Bonaparte signa Tarrêlé qui fixait au 20 pluviôse ou 9 février rentrée en fonctions du gouvernement constitutionnel de la République Italienne*. Il en prévenait en môme temps les citoyens Somraariva et Ruga, membres de la commission provisoire du gouvernement en les priant de ne faire jusque-là aucune opération extraordinaire.
202 MILAN (1802-1805) y^^
Melzi n'arriva à Milan que le 7 février/ très fatigué, et Tinslallation du nouveau gouvernement ne put avoir lieu que le 14. Elle fut présidée par Mural. Quelques discours furent prononcés à cette occasion, par lui notamment, par Sommariva au nom du gouvernement provisoire, et enfin par Melzi. La cérémonie fut parfaite, écrivait Murât à ïalleyrand : < Ce qui la rendit principalement belle fut le contentement qui régnait partout et dont l'expression était dans toutes les bouches comme sur tous les visages. »
La nouvelle République fut aussitôt dotée d'un drapeau national, vert, blanc, rouge. Les préfectures et sous-préfectures furent pourvues de leurs titulaires. La Censure fut réunie en tribunal extraordinaire pour examiner les dilapidations commises pendant les désordres des années précédentes, et lout le pays en fut satisfait. Les puissances étrangères reconnurent sans larder Texistence de la République Italienne, la Prusse et TAutriche tout d'abord. Ronaparte en donnait la nouvelle à Melzi dès le 12 mars*. L'Angleterre pourtant s'y refusa; et il ne fui pas question de la République Italienne dans le traité d'Amiens, pas plus que du roi d'Etrurie ou de la République de Gènes. Le Premier Consul en voulait conclure que l'Angleterre se désintéressait de ce qui se passait dans ces trois pays ' : la conclusion était hardie. Il n'en fut point arrêté d'ailleurs dans l'organisation du gouvernement italien.
Il fonda le nouveau régime sur l'appui des classes conservatrices et de l'Église ; il écarta de plus en plus du pouvoir les « Jacobins », dont les partisans étaient surtout nombreux dans les masses populaires et dont il avait à redouter les ambitions révolutionnaires. Pour ne pas obliger la noblesse à changer ses habitudes, le calendrier décadaire fut aboli en Italie*; on revint au calendrier grégorien : les cérémonies du culte en reprirent toute leur ancienne régularité. Il en devait être bientôt de même en France.
Dès la bataille de Marengo et ensuite à Lyon, le Premier Consul avait été tout particulièrement préoccupé de s'accorder avec le clergé italien; c'était en quelque manière une épreuve de ses nou-