‹ Napoléon en ItalieChapitre 130 sur 423 · Bignon, III · texte numérisé non relu

Bignon, III

veaux rapports avec l'Église. Gela lui paraissait aussi urgent que la constitution elle-même, et à la séance solennelle de la Consulte extraordinaire où fut proclamée la constitution de la République Italienne, une loi organique sur le clergé fut aussi promulguée et acceptée au nom du clergé par Tarchevêque de Ravenne*. C'était en quelque sorte une loi de garantie des droits de l'Église en Italie. 11 y était dit : « Les évêques de la République Cisalpine sont nommés par le gouvernement et institués par le Saint-Siège avec lequel ils communiquent librement pour les affaires spiriluelles. » Aucun changement ne devait être fait dans les limilesdes diocèses; tous les biens du clergé, régulier ou séculier, lui devaient être laissés. Ce n'était que le premier dessin du Concordat à intervenir entre la République Italienne et le Saint-Siège. Le Concordat français avait été achevé le premier. Le Concordai italien était plus difQcile à finir : TÉglise catholique n'avait pas subi en Italie les mêmes désastres qu'en France; elle n'avait pas perdu ses biens; les couvents n'avaient pas été supprimés ni les moines sécularisés, car l'influence révolutionnaire n'y avait pénétré qu'en 1796, c'est-àdire à un moment où le gouvernement français avait cessé depuis longtemps de faire la guerre à la religion, et si, à Tinstigation des généraux de l'armée de Ronaparte, le clergé avait souffert de quelques vexations personnelles, sa situation légale n'avait pas été atteinte. Surtout la République Italienne comprenait une partie du territoire de l'Église, la Romagne, Rologne et Ravenne; la domination pontificale y était directement établie sur le clergé, et si à Milan le gouvernement nouveau pouvait aisément se faire reconnaître comme au gouvernement autrichien le droit de nomination des évêques, il n'en était pas de même dans les anciennes Légations. Le pape y voulait conserver ses droits, d'autant mieux qu'on ne pouvait rien lui offrir en échange.

Melzi sentait toute la gravité de cette question ; il déclarait qu'il vaudrait mieux que la République perdit les anciennes Légations que d'être bouleversée par les querelles religieuses que les droits particuliers de l'Église ne manqueraient pas de produire. Aussi la n%ociation du Concordat italien fut-elle longue, elle n'aboutit que le 16 septembre 1803*; les ratifications en furent échangées

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