Arch. nation., AF, IV, 1708 (30 sept
organique du 26 janvier 1804, fit-il préciser avec grand soin les droits supérieurs de TÉtat sur le clergé italien ; il fit établir notamment qu'aucune bulle ou bref de la papauté ne pourrait être publiée dans la République Italienne sans Tautorisation du gouvernement. Il était en cela d'accord avec le Premier Consul, et ses précautions ne sont pas autres que celles des articles organiques annexés au Concordat français. Le pape Pie VII protesta contre les unes et contre les autres : en vain; car des deux côtés Bonaparte était résolu à ne rien aliéner des droits du pouvoir civil.
Il lui plaisait de prendre à son servive toute la force morale de rÉglise,mais aussi de faire à celte nécessité politique les moindres sacrifices; et il exerça sur le clergé italien une autorité parfois assez rude. On en jugera par cet épisode que plus tard, en 1806, le prince Eugène exposait à Napoléon *. « Sire, il y avait à Cornalba, département du Serio, une femme nommée Maddalena Vestaii qui se faisait passer pour sainte et qui avait déjà réussi à abuser un certain nombre des crédules habitants de ce pays. Celte femme prétendait avoir des extases et avoir été stigmatisée; elle avait été recueillie par le curé de Tendroit qui Taidait de ses fourberies et avait lui-môme cherché à faire croire qu'une figure de la Vierge en cire s'était d'elle-même tournée vers cette femme.
« Le Directeur de la police, après avoir fait arrêter cette femme et ce curé et les avoir fait tous deux transférer dans les prisons de Bergame, m'en informa et me demanda mes ordres.
« J'ordonnai que Maddalena Vestaii fût enfermée pour six mois dans une maison de correction. Le ministre du Culte consulté par le Directeur de la police était d'avis que le curé fût renvoyé dans sa paroisse après une forte réprimande. Je n'adoptai point cette proposition. Il me sembla que le curé était beaucoup plus répréhensible que la prétendue sainte, puisque, outre les intentions très suspectes d'un pareil manège, il avait profané le Sacerdoce en faisant servir la religion à ses vues criminelles. J'ai en conséquence prononcé sa destitution, et invité le ministre du Culte à pourvoir sur-le-champ à son remplacement; mais j'ai cru devoir ordonner de plus que le dit curé garderait prison pendant le même espace de temps que sa complice. »