Arch. nation., AF, IV
d06 MILAN (1802-1805)
Cependant le nouveau gouvernement de la République Italienne consacrait tous ses efforts à Torganisation et à la prospérité du pays. Bonaparte tenait à ce que ce fût un « gouvernement réparajLeur ». C'est le titre que les Mémoires de Melzi donnent au chapitre consacré à cette époque; il serait injuste de n'en pas attribuer le mérite, pour la plus grande partie même, au président Bonaparte.
Une des premières lois qui furent présentées au Corps législatif fut destinée à la création de Tinslruction publique, où il j' avait tout à faire et où beaucoup fut fait, dans le temps même où en France était réglementé renseignement secondaire par rinstitutioii des lycées. La loi du 8 septembre 1802 distingua le degré élémentaire représenté par les écoles communales, le degré moyen représenté par les écoles départementales, et le degré transcendant représenté par les écoles de l'État : les frais du premier degré étaient laissés aux communes, du deuxième aux départements; l'État ne se chargeait que de Tentrelien des grandes écoles; et il y avait dans cette répartition des dépenses en proportion de Tintérêt une idée ingénieuse. L'édiQce de cet enseignement public était couronné, dès le 16 septembre 1802, par la création de Tlnstilut National italien dont Bonaparte tint à être le Président*. On sait combien il avait désiré être de Tlnstilul de France et qu'il y attribuait la plus grande importance pour son prestige même auprès de ses soldats les plus incultes. Il eut peutêtre Tcspérance que Tlnstitut d'Italie contribuerait au relèvement intellectuel et artistique de la nation comme l'Institut d'Egypte devait tirer TÉgypte des sables; il eut du moins la conscience nette que cela était une part importante de sa fonction.
Il était convaincu aussi que les manifestations extérieures sont utiles au prestige du pouvoir, que les « panaches, les ors, les grands cortèges et la magnificence des palais sont utiles à éblouir les peuples et à les tenir dans la soumission. Il eût voulu que Melzi s'installât au Palais National de Milan ; mais Melzi était simple de