Arch. nation., AF, IV
goûts, effrayé de toute représentation : il se tint chez lui. Pourtant il présida, sons la haute direction de Bonaparte, aux travaux qni furent aussitôt entrepris à Milan et qui furent poussés arec une activité toute napoléonienne. Le Dôme, la Cathédrale de Milan, fut enfin terminé : « on en fit plus, dit Botta, dans Test pace de quelques années qu'on n'en avait fait pendant plusieurs siècles * ». Le forum Bonaparte fut construit sur Tancien emplacement des murs du Château de Milan; « ce fut, dit encore Botla, une œuvre admirable et digne de la grandeur romaine ». Et cet historien n'est pas suspect de tendresse à l'égard de Bonaparte. « On refusait la liberté à Milan, dit-il, il fallait bien qu'on loi donnât la magnificence. » — « Les lettres et les sciences florissaîent, dit-il encore, mais inspirées par la flatterie bien plus que par l'indépendance. Vouliez-vous parler avec quelque liberté, vous étiez aussitôt confiné dans un certain lieu d'où personne ne pouvait plus vous entendre*. »
« En un mot, conclut-il à ce sujet, la littérature était esclave, les finances prospères, l'armée respectable, la liberté nulle. » Les épithètes élogieuses balancent harmonieusement les autres. Et ces témoignages ont du poids venant d'un adversaire déclaré du régime où l'Italie était asservie.
La prospérité du pays fut en effet incontestable. De bonne heure les poids et mesures furent unifiés dans toutes les régions de la République, et préparèrent entre elles des relations plus étroites et fructueuses '. La Banque de Milan fut instituée et put fournir aussitôt des ressources aux travaux publics. Bonaparte s'occupa avec une sorte de fièvre de la construction de la route du Simplon : il pensait avoir à se rendre prochainement à Milan et il eût voulu prendre cette route; elle rapprochait considérablement Milan de Paris ; il avait constitué le Valais en République sous son protectorat pour mieux disposer du passage, et il pressait les travaux. Ils devaient être achevés à frais communs entre la France et la République Italienne, et, d'abord ce furent des ingénieurs français qni dirigèrent toute la construction, mèmersur la partie italienne de la route. Les Italiens se plaignirent. Il y eut des correspon-
«. Botta, IV, 426.
2. Meizi, I, 297-298. — Bignon, III, 299. — Botta, IV, 424-426.