‹ Napoléon en ItalieChapitre 137 sur 423 · Corr., vil · texte numérisé non relu

Corr., vil

Driault. — Italie. 14

âlO MILAN (1802-1805)

aussi la servitude où il les retient; ils regardent vers Paris avec défiance.

Le 11 septembre 1802, le Piémont fut annexé à la France * . Les Cisalpins craignirent pour bientôt le même sort, ou au moins ils se persuadèrent que Bonaparte ne tarderait pas à s'attribuer la présidence à vie, comme en France. Ils ne le connaissaient pas encore tout à fait.

Le 30 mai 1802, Meizi annonçait à Bonaparte la clôture de la première session des collèges électoraux et de la censure. Il se félicitait du fonctionnement de ces assemblées. « Dans le plein succès de l'idée neuve qui en est le fondement, vous trouverez la plus belle sanction de la constitution que vous nous avez donnée... Sans doute que les intrigants ont cherché à se faire valoir par leurs manèges ordinaires; mais toutes les intrigues ont été noyées dans une inunense majorité animée par Tamour du bien ^ »

Cependant, à propos de la même session, dans un long rapport au Premier Consul, le même Melzi manifestait moins de satisfaction; il faisait plutôt un triste tableau de la situation '. C'était trois mois seulement après la Consulte de Lyon ; ce qui s'y était passé avait sans doute singulièrement diminué l'enthousiasme qu'on avait pu éprouver d'abord pour Bonaparte. Car voici quelques-uns des résultats obtenus : « La convocation des collèges électoraux n'a pas fait la moindre impression dans les esprits de leurs membres et ils ont paru regretter la peine qu'ils s'étaient donnée pour arriver. » — 11 est vrai qu'on leur laissait si peu à faire ! — « La plus grande froideur règne dans les deux collèges des marchands et des propriétaires, et si dans celui des lettrés il a paru exister quelque mouvement, c'était dans un esprit absolument faux. » Us refusèrent de nommer une mission pour portera Bonaparte les hommages de l'assemblée; ils ne consentirent qu'à écrire une lettre dans ce sens, et encore on eut bien de la peine à trouver quelqu'un pour la rédiger. Après quinze jours de séance, les marchands estimèrent que c'était bien du temps perdu; les savants réclamèrent hautement une indemnité pour les frais du voyage,

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