Melzi à Murat, II
iil4 MILAN (1802-1805)
de la République Italienne, sous la forme des frais d'entretien du corps d'occupation*.
Bonaparte lui-même tient la main au paiement exact et rigoureux des sommes qui sont dues à son armée, il a consenti, le 28 février 1802, que les principales villes de l'intérieur, Milan, Bologne, Modène, fussent délivrées des garnisons françaises*, mais il a précisé ses exigences à l'égard de la République : il faut qu'elle paie mensuellement 1800 000 francs. Les généraux français prétendent ensuite se faire payer en supplément la solde et les vivres des cinq jours complémentaires de la fin de l'année républicaine *.
Le premier Consul avait décidé que le général en chef serait logé à Milan avec un supplément de solde de 30 000 francs pour ses frais de représentation : Murât affirma qu'il s'agissait de 30 000 francs « par mois ». Melzi avait compris « par an ». Il demanda bénévolement des éclaircissements au premier Consul qui d'ailleurs lui donna raison et calma l'avidité de son beaufrère *.
Mais aussi il faut que la subvention de la République Italienne soit payée très exactement en numéraire chaque mois à Paris môme entre les mains de Barbc-Marbois, ministre du trésor public *. Melzi observe les ennuis qui en résultent, les pertes irréparables que subit le trésor italien, si pauvre par cette continuelle sortie de numéraire : « Cela, dit-il, va nécessairement arrêter dans son premier développement tous les progrès de la République Italienne... Le conflit entre nous et nos finances était déjà périlleux; le conflit entre nos finances et celles de la France devient mortel*. » En vérité il souffre de cette subvention qui ainsi a tous les caractères d'un tribut. Bonaparte ne s'en émeut pas. Melzi ne se fatigue point de se plaindre et de défendre son budget : les charges du pays sont accablantes; le seul département de rOlona paie aujourd'hui un neuvième de plus que ce que toute la Lombardie et le Mantouan payaient ensemble autrefois à