‹ Napoléon en ItalieChapitre 140 sur 423 · Melzi à Bonaparte, II · texte numérisé non relu

Melzi à Bonaparte, II

TAiitriche*. Au total la République Italienne donne à Tarmée française presque un tiers de son revenu; en effet, pour 1804, sur un budget de 90 millions de lires (la lire valant alors 76 centimes), il y a 52 millions pour la guerre, dont 25 1/2 pour les troupes françaises '.

Bonaparte ne changea rien aux dispositions qu'il avait prises, car il apparaît de plus en plus qu'il ne se préoccupait pas surtout des intérêts et des volontés du peuple cisalpin. En dépit du traité de Lunévilie où il avait déclaré que la République Cisalpine serait une nation libre et indépendante, en dépit des éloquentes assurances données aux députés italiens à Lyon, elle n'était qu'un instrument de sa puissance, un élément de ses combinaisons politiques; il y continuait la tradition des commissaires du Directoire, il y faisait au delà des Alpes l'apprentissage du gouvernement impérial.

Au commencement de l'année 1803, le capitaine Ceroni, de l'année italienne, écrivit quelques vers contre la domination française. Ils avaient pour épigraphe cette devise d'espérance : « Scilicet et tempus veniet d. Il y était question de l'odieuse cession de Venise à l'Autriche, de « l'iniquo mercato deli'Isonzo » ; du brigand de France qui, couvert du sang royal, accourt en criant : « La Liberté ou la Mort! » pour changer ensuite la liberté en tyrannie ; et le poète enfin suppliait la terre d'engloutir à la fois le donateur et le don :

0 terra, ingoja il donatore ed il donc.

Ces vers avaient été adressés par l'auteur à un membre du Corps législatif, Cicognara, au général Teulié et au préfet Magenta, qui, liés avec lui, l'avaient remercié de son envoi en termes variés.

Les officiers français du corps d'occupation connurent cette petite histoire, en éprouvèrent et surtout en manifestèrent une très vive émotion. Il est vrai qu'elle était la preuve d'un état

Page 1