Corr
les &00 Français tués à Vérone, beaucoup dans les hôpitaux; à Venise même, un vaisseau français, le Libérateur de V Italie, coulé à fond dans le port, par ordre du Sénat; son chef, le lieutenant Laugier, tué sur le tillac par une balle vénitienne, et ses compagnons presque tous massacrés.
En conséquence Bonaparte ordonnait au citoyen Lallemeat, ministre de la République à Venise, de sortir aussitôt de la ville : c Le sang français a coulé dans Venise, et vous y êtes encore ! Attendez-vous qu'on vous en chasse? Les Français ne peuvent plus se promener dans les rues; ils sont accablés d'injures et de mauvais traitements, et vous restez simple spectateur! » Lallement quitta Venise, n'y laissa que son secrétaire Villetard, se rendit au quartier général de Bonaparte, à Palmanova. Effrayés de la vengeance qui se préparait, les Vénitiens envoyèrent des députés, membres du Grand Conseil, au général, pour l'apaiser et traiter avec lui*.
Il refusa d'abord de les recevoir, « tout dégouttants du sang de Laugier ». Gela hâta les événements à Venise même. Les ennemis de l'aristocratie gouvernante, les gens du parti populaire, se sou- Jevèrent contre le Grand Conseil, lui attribuèrent la responsabilité des dangers qui menaçaient la liberté de la République. Une sorte de guerre civile éclata dans la ville, le Sénat luttant contre ses adversaires avec ses troupes d'Esclavons.
Bonaparte estima qu'il était de son devoir — il était surtout de son intérêt — d'intervenir pour rétablir l'ordre. Il envoya à Venise une division de son armée commandée par le général Baraguay d'Hilliers. Le 1& mai, les Français occupèrent Venise; l'ordre en effet fut assuré bientôt, car le parti populaire voyait dans les soldats français des alliés naturels contre l'aristocratie maltresse du pouvoir depuis des siècles. Le Grand Conseil abdiqua en effet.
Cependant, le 16 mai, Bonaparte se décidait à traiter avec les députés qu'on lui avait envoyés. La République Française et la République de Venise devaient s'entendre pour l'échange des différents territoires dont il était question aux préliminaires de Léoben. Il devait y avoir paix et amitié entre les deux Républiques. Mais le Grand Conseil de Venise, « ayant à cœur le bien de