‹ Napoléon en ItalieChapitre 15 sur 423 · I. Corr., m · texte numérisé non relu

I. Corr., m

sa patrie et le bonheur de ses concitoyens, et voulant que les haines qui ont eu lieu contre les Français ne puissent plus se renouveler », renonçait à ses droits de souveraineté, ordonnait l'abdication de l'aristocratie héréditaire et reconnaissait la souveraineté de TÉtal dans la réunion de tous les citoyens. La République Française, « voulant contribuer à la tranquillité de la ville de Venise et au bonheur de ses habitants », accordait une division de troupes françaises pour y maintenir Tordre et la sûreté des personnes et des propriétés, et seconder les premiers pas du gouvernement dans toutes les parties de son administration '.

Cela était déjà suffisamment explicite. Mais Bonaparte, parti pour Milan, ayant appris que le Grand Conseil avait abdiqué le ih mai, estima que ses députés n'avaient plus de pouvoirs pour traiter le 16, informa le Directoire qu'il était possible de considérer ce traite comme nul. Il avait donc des troupes à Venise et toute liberté d'action pour en faire ce qu'il voudrait. Cela devait faciliter la conclusioa de la paix continentale : aussi 'Venise était' elle dès lors condamnée. Le 26 mai, Bonaparte écrivait : < Venise, qui va en décadence depuis la découverte du cap de Bonne-Espérance et la naissance de Trieste et d'Ancône, peut difllcilemenl survivre aux coups que nous venons de lui porter. Popirlation inepte, lâche et nullement faite pour la liberté, sans terres, sans eaux, il paraît naturel qu'elle soit laissée à ceux à qui nous donnons le continent* ». 11 était peut-être inutile d'insulter cette victime*

Gênes, la vieille rivale de Venise, ne fut pas plus heureuse. On était déjà loin des grandes maximes révolutionnaires sur la ruine de tous les tyrans, sur l'émancipation des peuples! Elles n'étaient plus que des instruments de conquête. Gênes avait eu à l'égard de Tarméc française une conduite analogue à celle de Venise; foulée par de continuels passages de troupes, elle en avait souffert et Tavail fait voir par quelque mauvaise volonté, des charrois interrompus, des soldats maltraités. L'aristocratie qui avait b pouvoir n'avait pas de sympathie pour les « Jacobins » de France. Le ministre français Faypoult ne manquait pas d'encourager contre le Sénat l'effervescence révolutionnaire, et d'accord

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