‹ Napoléon en ItalieChapitre 142 sur 423 · Aff. Elr., Corr., Milan, n* 60, pièce · texte numérisé non relu

Aff. Elr., Corr., Milan, n* 60, pièce

gravité : ce fui comme une petite crise où s'exaspérèrent pendant quelques jours les sentiments hostiles.

A la première nouvelle de celte affaire, Melzi écrivit à Bonaparte et à Murât qu'elle n'avait pas la moindre portée^; que pour modifier la disposition des esprits italiens il valait mieux employer la modération H la douceur que de faire un éclat; que le temps adoucissait bi«n des rancunes, moyennant quelque crédit de patience*, Bonaparte ne fut pas de cet avis, il pensa qu'il fallait sévir aussitôt pour décourager à l'avenir loute tentative malveillante. C'est la différence des deux tempéraments.

I>e Premier Consul écrivit à Melzi une lettre très sévère' : « Je n'ai pu voir qu'avec une vive douleur les principaux fonctionnaires de la République travailler les tètes et provoquer toutes les passions contre la France; tous les efforts que j'ai faits pour rendre l'Italie à Tindépendance seraient-ils infructueux, et serait-il irrévocablement dans le sort de ce pays de ne jamais rien être?

« Quel est le plus grand crime que puisse commettre aujourd'hui un citoyen contre le bonheur et la tranquillité publics? N'estce pas d'inviter ses compatriotes à payer les Français de la plus noire ingratitude et à montrer à ceux-ci le compte qu'ils doivent faiï^e sur les sentiments des citoyens de la République Italienne? Tout cela se traduit ici par l'image des Vêpres Siciliennes. La faiblesse du gouvernement à Milan passe' tout ce qu'il est possible de concevoir. f> Et des ordres furent donnés pour l'arrestation des coupables.

La Consulte en effet se réunit extraordinairement le 11 avril; le poème incriminé fut déclaré séditieux et injurieux à la nation française. Ce r oui fut condamné à la perte de son grade et à trois ans de relégation, Cicognara et le général Teulié furent destitués et astreints -à la résidence que fixerait le pouvoir exécutif; le l>réfet Magenta fut libéré.

Melzi fut trrs mécontent. Il adressa, le 21 mars, au Premier Consul nue longue justidcation de sa conduite* : il ne s'est jamais dissimults dil-il, Tétat des esprits en Italie à l'égard de la nation

,1. ScLopisiT 61.

% MelEÎ, U, 434(23 fév. 1303).

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