‹ Napoléon en ItalieChapitre 143 sur 423 · Mel/i, II, V2^. " Cf>rr.. VtU, «622 (M mars · texte numérisé non relu

Mel/i, II, V2^. " Cf>rr.. VtU, «622 (M mars

4, Arch. nation*. AF, ÏV, rM, —Melzi, H, 143-153.

LA RÉPOBLIQUE ITALIENNE 219

française, mais il estime toujours que cela doit être traité comme on traite les passions, par la raison et par le temps; il se félicite que la tranquillité n'ait pas cessé de régner, malgré toutes les mauvaises volontés. Mais ses plus grands ennemis et les plus grands ennemis de TÉtat sont les ambitieux et les intrigants qui ne cherchent qu'à nuire au gouvernement actuel dans Tesprit du Premier Consul pour arriver à le renverser, à s'emparer eux-mêmes du pouvoir; c les individus de cetle clique » ont réussi à agir dans Tesprit même du général Murât; ils lui ont persuadé qu'il se trouvait dans toute fltalie une redoutable conspiration contre les Français et que le Vice-Président était au moins coupable d'indulgence, sinon de complicité. Dans ces conditions Melzi déclare qu'il ne peut plus garder sa part du pouvoir; il prie le Premier Consul d'accepter sa démission.

Il semble bien que Melzi découvrait dans cette lettre toute la vérité. Murât, depuis son arrivée à Milan, rêvait d'y avoir toute Tautorité; il avait été déçu par la Consulte de Lyon et par la nomination de Melzi à la vice-présidence; mais il entrait dans ses plans ambitieux de lui rendre la situation aussi difficile que possible, convaincu que, s'il parvenait à le renverser, il était tout désigné pour le remplacer et pour exercer désormais le gouvernement de rilalie. Le 12 décembre précédent, un journal de Paris, le Publû cislCy avait inséré cette note : « Des lettres d'Italie annoncent que le Vice-Président de la République italienne, le citoyen Melzi, va entreprendre un voyage dans ses propriétés en Espagne et que le général remplira ses fonctions. » C'était une invention dont tout le inonde ne fut pas dupe.

Bonaparte comprit aussi le véritable caractère de l'affaire Ceroni. Entre Melzi et Murât il n'hésita pas à préférer Melzi; ou plutôt il les garda tous deux : le premier lui était utile pour contenir les inquiétudes italiennes et représenter à leurs yeux Tapparence au moins de la liberté; le second, pour les tenir sous le joug, surveiller et châtier les malintentionnés.

Au reçu de la lettre de démission du Vice-Président il lui écrivit aussitôt : « Vous avez tort de penser que j'aie jamais varié d'opinion sur vous, et j'espère, si vous avez un peu d'amitié pour moi, que toutes ces tracasseries finiront' ». Le pauvre Melzi fut

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