‹ Napoléon en ItalieChapitre 145 sur 423 · Corr., IX · texte numérisé non relu

Corr., IX

Bonaparte était content que tout se fût terminé sans autre accident; car la situation recommençait alors à s'aggraver, ses relations avec l'Angleterre étaient de plus en plus mauvaises à cause de la rupture de la paix d*Âmiens qui fut consommée le 11 mai 1803. Ce n'était pas le moment de risquer de nouvelles complications en Italie, d'exciter quelque soulèvement populaire qui amènerait quelque intervention de l'Autriche : il ne convenait pas de susciter déjà la formation d'une coalition européenne.

Le statu quo se prolongea donc encore quelque temps en Italie. Murât reçut l'ordre de ménager les fonctionnaires italiens*, et le gouvernement français n'eut pas pour le moment d'autres préoccupations dans la péninsule que de la défendre contre une descente éventuelle des Anglais ou peut-être des Russes. Dès le 9 mai Bonaparte ordonnait qu'il y eût au moins 6000 hommes en Romagne*! Le 17, il demandait au pape la permission de faire passer des troupes par la marche d'Ancône pour se rendre dans le royaume de Naples'. Le 23 mai, Gouvion Sainl-Cyr recevait l'ordre de partir sur-le-champ de Rimini, et par Ancône, d'entrer dans les États du roi de Naples, pour mettre garnison à Pescara, Otrante, Tarenle, Brindisi, c'est-à-dire dans toutes les positions occupées jadis par le général Soult et évacuées en vertu de l'article 11 du traité d'Amiens.

Ces ordres furent exécutés aussitôt, et la République Italienne se trouva quelque peu soulagée de l'occupation militaire française dont la charge se trouva en quelque sorte répartie sur toute l'Italie. Melzi espéra que les troupes parties pour Naples ne seraient plus à la charge du trésor de la République; en effet leur solde fut mise au compte du gouvernement napolitain; néanmoins à cause des circonstances exceptionnelles et des frais où elles allaient inévitablement entraîner la France, le Premier Consul pria Melzi de continuer au trésor français le versement ordinaire des subventions mensuelles, et Melzi ne se refusa point à cette prière ^

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