‹ Napoléon en ItalieChapitre 148 sur 423 · Melzi · texte numérisé non relu

Melzi

On en sentit peu d'ailleurs le bienfait, mais seulement les charges : les peuples comprennent mal qu'ils se fortifient dans les épreuves. Et Topinion publique ne s'attacha pas davantage à la France. On le vit à la fôte anniversaire de Marengo et de l'indépendance, le 22 juin 1803 \ Il y eut en particulier une représentation extraordinaire au grand théâtre, en présence de toutes les autorités constituées, du vice-président et du général en chef; la représentation fut bien réussie, mais une allégorie delà Renommée portant Timage de Bonaparte, surannée par elle-même, et d'ailleurs maladroitement exécutée, n'eut aucun succès; on comptait sur des applaudissements qui ne se produisirent point. Les Français et Murât crurent même entendre des sifflets. Melzi, d'autre part, fut accueilli, à son entrée au théâtre, par des applaudissements prolongés, et il en fut ainsi dans toute la journée partout où il parut '. Les têtes recommencèrent à s'échauffer dans l'entourage de Murât ; on y rêva peut-être d'une autre conspiration, quoique en général les conspirations ne s'annoncent pas aussi bruyamment; on comprit en tout cas que les italiens n'avaient pas pour Bonaparte une irrésistible affection ; on commit la faute de s'en émouvoir, et de donner à ces incidents une signification qu'ils n'avaient peut-être pas. Caroline Murât du moins garda son sang-froid, et le Consul se contenta d'écrire à son beau-frère : c< J'ai été satisfait de la fête de Marengo. Il est tout simple qu'on témoigne de l'attachement à Melzi qui administre bien et qui d'ailleurs représente aux Italiens un gouvernement national. Vivez bien avec lui' ».

Le 5 novembre 1803, le duc de Parme étant mort, Melzi demanda à Bonaparte l'annexion de Parme et de Plaisance à la République Italienne : il estimait celte réunion c plus urgente même que la conservation d'autres portions de notre territoire actuel ». Et il en écrivait dans le même sens à Marescalchi; il rappelait qu'à Lyon Bonaparte avait absolument déclaré qu'au plus lard à la mort du duc, Parme serait à la République cisalpine. Si celle parole n'était pas tenue, ajoutait-il, nous serions tous entraînés ici dans un état de défiance qui empêcherait la

\. AIT. Elr., Gorr., Milan, n* 60, pièce 246. — Melzi, II, 566.

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