‹ Napoléon en ItalieChapitre 149 sur 423 · Gorr., VllI · texte numérisé non relu

Gorr., VllI

fonnalion de l'esprit public, détruirait désormais toute foi dans les paroles du Premier Consul : ce serait tout à fait funeste à Tœuvre générale entreprise en Italie*.

Bonaparte fit tout de suite à cette demande une réponse dilatoire et très peu sincère*. « Parme et Plaisance conviennent bien à la République Italienne, mais Parme et Plaisance font Tobjet d*une négociation qui fixe déjà l'attention de toute l'Europe. C'est un moyen de paix et je ne pourrais me décider à commettre la précipitation de réunir aujourd'hui ce pays que par une compensation qui m'aiderait véritablement à soutenir la guerre. Cette compensation ne pourrait se trouver que dans une somme d'argent assez considérable, et je connais assez la situation de la Republique Italienne pour croire qu'elle peut difficilement trouver cette somme. » Melzi insista : il s'inclinait devant les intérêts supérieurs d'une négociation générale; il convenait bien que la République Italienne ne pouvait pas consacrer une grosse somme à cette acquisition. Mais il proposait un échange : « tout ce que nous avons à la droite des Apennins ne nous sert presque à rien ; la Romagne est bien excentrique pour nous, et cette circonstance réunie au caractère qui distingue les Légations ne nous laisse pas espérer de la voir de longtemps bien amalgamée avec les autres parties de la République. En raison de convenance de populations et de produits, Parme et Plaisance vaudraient mieux pour nous que ces morceaux-là * ».

Bonaparte ne répondit point. Il laissa l'administration de Parme et de Plaisance aux mains de Moreau Saint-Méry, il garda le pays à sa disposition. Certes l'annexion de ce duché à la République Italienne était toute naturelle, elle était même nécessaire à sa sécurité du côté du sud : le pont de Plaisance avait été fort utile à Bonaparte en 1796 pour franchir le Pô et prendre à revers les Autrichiens de la Lombardie; il en connaissait donc l'importance stratégique, et comme il songeait plus à ses propres intérêts qu'à ceux de la République Italienne, qu'il sentait au contraire le besoin de la surveiller, de la tenir en respect, il ne lui donna point Parme et Plaisance; après quelques mois où il laissa un peu

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