CùTT., 111, 1836 : lettre au Directoire exécutif
avec Bonaparte il y préparait une crise politique. On attendit pour agir que les affaires de Venise fussent définitivement réglées.
Il fallait, disait Bonaparte, dissoudre le gouvernement aristocratique et mettre < le corps d'État en fusion » ; on tâcherait ensuite qu*il en sortit quelque chose d'utile*. La c fusion » commença le 21 naai ; les « Jacobins » génois se soulevèrent contre le Sénat et prétendirent lui imposer un changement de constitution. Ils n'eurent aucun succès ; le lendemain, le petit peuple excité par les prêtres réduisit les démocrates à l'impuissance et sauva le Sénat ; dans la lutte, quelques Français ou des amis de la France furent maltraités. Bonaparte prit leur défense, et écrivit au doge de Gènes qu'il était obligé, à cause de ses communications avec la frontière française, de prendre des mesures promptes et efficaces pour maintenir la tranquillité à Gènes : « Indifférente, disait-il, à vos discussions intérieures, la République Française ne peut pas l'être aux assassinats, aux voies de fait de toute espèce qui viennent de se commettre dans vos murs contre les Français ».
Et il expédia à Gênes son aide de camp Lavalette pour inviter le Sénat à envoyer à Milan trois députés qui s'entendraient avec loi sur les moyens d'y rétablir la paix. II fallut s'exécuter. Trois députés partirent pour Mombello.
Ils signèrent avec Bonaparte, le 5 juin, une convention secrète qui fut comme une constitution en raccourci. « Le Gouvernement de la République de Gènes reconnaît que la souveraineté réside dans la réunion de tous les citoyens du territoire génois. — Le pouvoir législatif sera confié à deux conseils représentatifs, composé fun de 300 et l'autre de 150 membres. Le pouvoir exécutif le sera à un Sénat de 12 membres présidés par un Doge. Le Doge et les Sénateurs seront nommés par les deux conseils. »
Il était entendu que d'abord le pouvoir appartiendrait à un gouvernement provisoire de 22 membres, qui achèverait avec une commission législative nommée par lui la rédaction de la constitution. Bonaparte, pour plus de simplicité, nomma le lendemain ce gouvernement provisoire; on peut croire qu'il ne le choisit point parmi les ennemis de la France. Il put donc écrire au Directoire :