Melzi, II
noies manuscrites désignant certaines personnes, surlout des fonctionnaires, à la vengeance publique ; il y eut de nombreux attentats, des attaques à main armée dans les rues, môme le jour, par des hommes masqués. Bologne fut un moment terrorisée. Le Préfet Carlotti se décida à remettre la police au commandant français, le général Verdier : on défendit le port des armes; il y eut quelques arrestations, et une commission spéciale de cinq officiers tint la riUe dans une sorte d'état de siège *.
Marescalchi, qui en fit un rapport au Premier Consul, attribuait ces événements à Taction des sociétés secrètes. Il signalait notamment l'existence de celle des « slilleltanti », au nom redoutable, qui paraissaient en vouloir surtout à tous ceux qui avaient quelque fortune. Il signalait aussi l'activité de la loge des « Illuminés »; un de ses membres, Moliterno, fut arrêté à Calais*; il liait cette action à celle que semblait encourager le gouvernement napolitain soutenu par l'influence de TAnglelerre : il s'agissait de chasser les troupes françaises du royaume de Naples et de toute l'Italie pour les remplacer par des troupes anglaises ou russes : on retrouve là le souvenir des événements de 1799.
Il semble en effet qu'il y eut une certaine entente, d'un bout à l'autre de l'Italie, entre quelques sociétés secrètes dont les membres paraissent d'ailleurs avoir été alors peu nombreux et peu redoutables; Marescalchi y distingue Visconti et Sommariva; un moment on crut y prendre le général Lecchi et un officier napolitain, le capitaine Marulli*. 11 est impossible de préciser la nature exacte de ces sociétés, le nombre de leurs adhérents, leur action réelle, même leurs intentions; il s'agit surtout de « Jacobins », c'est ainsi que Meizi les appelle sans cesse, et il nourrit contre eux une haine inquiète. Ils voulaient sans doute assurer la liberté de Vïtalie; concevaient-ils déjà l'unité de toute la péninsule en une nation? Cela n'est pas probable. Etaient-ils véritablement de force à soulever l'Italie derrière eux? 11 ne semble pas, Tesprit public n'était pas mûr pour une pareille entreprise. Est-il exact, comme l'affirme Melzi*, qu'ils avaient leur centre d'action en Toscane, à