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Arezzo, et que de là ils rayonnaient sur toutes les parties de Tltalie, de Milan à Naples? Il est bien difficile d'en être sûr.
En tout cas, ce mystère de rébellion, que l'on sentait partout, entretenait l'inquiétude et la colère dans le monde du gouvernement. Bignon * ne peut contenir son indignation contre ces misérables conspirateurs. « Qu'ils étaient insensés, et combien depuis ils ont dû rougir de leur démence, ces esprits exaltés en des sens divers, les uns invoquant des démocraties impraticables, les autres voulant. seulement ou l'unité du gouvernement par l'Italie ou la nationalité de l'Italie avec ses divers gouvernements; tous assez aveugles pour ne pas voir qu'au lieu d'une dépendance brillanle sous les lois du Premier Consul, d'une dépendance allégée et embellie au moins par les lettres et par les arts, par tous les encouragements favorables à la prospérité et à la richesse du pays, c'était le joug de plomb, la verge de fer du gouvernement autrichien qu'ils appelaient sur leurs tètes ! »
Et Melzi s'effrayait à Milan : « Il me semble être environné de matières combustibles et malheureusement la République Italienne n'est pas d'amiante* ».
Cet honnête homme souffrait vraiment de ne pas pouvoir conduire la République Italienne à des destinées certaines et pacifiques. Il avait accepté avec résignation l'œuvre de la Consulte de Lyon; il espérait en tirer le repos de son pays, et un ordre politique et social à peu près définitif; il voulait y habituer ses concitoyens, faire naître et développer en eux l'esprit de gouvernement au lieu de l'esprit d'opposition stérile; peut-être ainsi la République Italienne eût-elle gagné le droit de vivre dans la paix parmi les bouleversements du temps.
Melzi était presque seul à avoir celte sage modération, en butte aux reproches des patriotes et aux attaques des intrigants. Les circonstances n'étaient pas favorables au succès des œuvres de patience et d'expérience prudente. Les demi-suecès étaient vite condamnés comme des échecs pour faire place à des inventions nouvelles. Les résultats de la Consulte de Lyon étaient imparfaits ; le régime qu'elle avait établi à Milan ne donnait pas satisfaction à tout le monde; on le constatait, et on estimait qu'il fallait le