Il
modifier complètement : rien ne pouvait être plus favorable aux nouveaux desseins de Bonaparte, car lui seul savait bien ce qu'il voulait.
Un agent spécial du gouvernement français, Jacob, fut envoyé à Milan à la (in de l'année 1803 pour étudier la situation de la République Italienne; il adressa à Marescalchi, le 3 décembre, un rapport intéressant et, dans Tensemble, fort exact et modéré*. 11 y fit un portrait assez réussi du Vice-Président : « Vous connaissez ses talents, ses lumières, son noble désintéressement, son dévouement entier à la chose publique, en un mot toutes les belles et aimables qualités morales qui le font également chérir et respecter. Je me permettrai seulement d'observer que ce dévouement si louable est peut-être excessif dans ses effets et qu'il en résulte, sinon pour l'État, du moins pour lui, deux graves inconvénients. Le premier est qu'il veut faire et qu'il fait effectivement trop de choses par lui-même. Il ne se borne point à diriger, à ordonner, il exécute, et son attention scrupuleuse s'étend jusqu'aux plus petits détails. Ainsi il consume son temps et il épuise ses forces dans des travaux qu'il pourrait aisément et sans risque laisser à d'autres mains. C'est du reste ce que sa correspondance a souvent donné lieu de remarquer.
€ Le second est qu'il s'inquiète, qu'il s'irrite, qu'il s'effraye outre mesure des obstacles qu'il rencontre sous ses pas et de toutes les irrégularités qui se montrent dans les diverses branches de l'administration. Il tend à une perfection idéale qu'il n'est pas possible d'atteindre, et il s'afflige de ne point y arriver.
c Ce sont là, je n'en doute point, les vraies causes de sa mauvaise santé. Gomment ne serait-il pas malade, menant une vie toujours solitaire, toujours laborieuse, toujours mélancolique, sans diversion, sans distraction quelconque. J'ai pris la liberté de lui citer l'exemple du Premier Consul, qui, au milieu des occupations les plus nombreuses et les plus importantes dont jamais homme ail été chargé, sait trouver encore quelques moments pour les d^assements également nécessaires au corps et à l'esprit. Il m'a répondu que pour lui il chercherait en vain à se distraire, car les affaires et les soucis le suivraient partout. » H semble bien, en effet,