AIT. Etr., Naples, n* 128, f
€ conduile admirable », et lorsque le général, accompagné de sa femme et du jeune Lebrun, lils du troisième Consul, vint apporter ses hommages au gouvernement, la réception fut cordiale et la reine fut « parfaite » *. Il restait quelques difficultés au sujet de la paye et de l'habillement des Français; Acton ne voulait donner que 8 000 francs par mois à Saint-Cyr comme autrefois à Soult. Alquier et Saint-Cyr voulaient du moins obtenir quelque chose pour les frais de table des généraux. Bonaparte mit On à cette irrilanle question en décidant que la République fournirait à ses troupes la solde, Thabillement, la remonte, et ne laisserait à la charge du gouvernement de Naples que les dépenses de logement, de chauffage, les fourrages et les vivres; car les autorités du pays étaient seules à même de disposer de ces ressources ^.
On fut content à Naples de cette concession; mais elle ne fit point oublier les charges encore lourdes et les amertumes de Toccupation élrangère. Gallo ne cessait point à Paris de protester contre celte violation de la neutralité de son pays, et le gouvernement napolitain cherchait partout les moyens de la libération du territoire.
Il se tenait en rapports étroits avec l'Autriche, mais surtout avec l'Angleterre et avec la Russie, dont le tsar Alexandre I" se détachait décidément de l'alliance française; la présence de troupes russes à Corfou pouvait être utile à la défense des intérêts napolitains, comme celle des troupes anglaises à Malle, et le gouvernement de Sainl-Pélersbourg se montrait déjà disposé à exiger de la France l'évacuation d'Olrante et de Tarente. Aussi Acton suivait-il avec le plus grand intérêt le développement de l'action diplomatique engagée à Londres; Mme de Castelcicala, la femme de l'ambassadeur de Naples en Angleterre, y était la maîtresse du ministre russe Woronsof, auquel le gouvernement anglais donnait tous renseignements : « Mme de Castelcicala, disait Acton, nous raconte le Woronsof, elle est chargée de le pomper* ».
Ainsi peu à peu l'entente s*organisait entre Londres, Saint- Pétersbourg et Naples, notamment en vue d'assurer l'indépendance de rilalie, l'évacuation de Naples et aussi du Piémont, dont