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Aff. Etr., Naples, n« 129, f

et le chevalier Elliot, ministre d'Angleterre, sortaient ensemble d'une maison où ils avaient dtné; ils parlaient des affaires politiques : € Il n'y a, dit le ministre d'Angleterre, qu'un seul moyen pour assurer la tranquillité de l'Europe, c'est la mort de Bonaparte ». L'ambassadeur ne répondit qu'en manifestant ouvertement l'indignation que lui causait un pareil propos. Le lendemain du jour où l'on fut informé à Naples de la découverte du complot Cadoudal, le ministre d'Angleterre, ayant aperçu l'ambassadeur d'Espagne à la promenade, s'approcha de lui et lui dit : « Eh bien 1 le coup a manqué à Paris, mais une autre fois il ne manquera pas. — Ah! monsieur, lui répondit le marquis de Mos, ce que vous me dites me fait horreur, et je suis étonné que le ministre d'une nation qui passe pour être généreuse puisse tenir cet affreux discours. » Le chevalier Elliot affecta de prendre le ton plaisant; ils se séparèrent. « Je ne connais pas, dit Alquier en racontant cela, d'homme plus honnête et plus estimable, sous tous les rapports, que le marquis de Mos, et je tiens ce qu'il m'a dit pour aussi vrai que si je l'eusse entendu moi-même *. »

De plus en plus le royaume de Naples, occupé par des troupes françaises, devenait une sorte de territoire anglais. Si Gouvion Saint-Cyr tenait Tarente, Otrante, Bari, Pescara, les Anglais étaient en vérité les maîtres à Naples. Ils enrôlaient des soldats napolitains dans leur garnison de Malte, ils la ravitaillaient avec des vivres pris à Naples et en Sicile. Ils embauchaient des soldats dans toute l'Italie, à raison de 120 francs par homme; ils avaient un dépôt d'armes à Tlle d'Elbe, des rassemblements d'embauchés à la Maddalena et à Messine. Le centre de toute cette opération qui enveloppait toute la péninsule dans la préparation d'une gigantesque prise d'armes contre la France, était à Naples, sous les regards complaisants et même ^passionnés du gouvernement. On formait même en Albanie un régiment pour le service du roi de Naples et Gouvion Saint-Cyr en informa Talleyrand : « Le Premier Consul, répondit le ministre, me charge de vous autoriser à déclarer que le jour où il entrera dans le royaume de Naples un corps d'Albanais, si ce corps n'est pas immédiatement licencié, l'état de paix entre les deux gouvernements cessera. Le ministre de la

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