Aff. Eln, Rome, 935, r
Piémont en une division militaire de la France, la 27* ; puis, en septembre, un sénatus-consulte en avait prononcé Tannexion. Des troupes françaises occupaient une grande partie du royaume de Naples et pesaient singulièrement sur les résolutions du gouvernement napolitain. I^e pape était comme enveloppé dans Faction envahissante de la politique française.
Déjà elle lui refusait le droit de donner asile au roi de Sardaigne. Depuis Tabdication de son frère Charles-Emmanuel IV, Victor-Emmanuel I*"" vivait en effet à Rome. Le séjour de la Sardaigne ne lui était pas agréable, elle était pour lui un objet d'effroi, il en redoutait les habitants*; il y avait eu en effet dans l'île quelques désordres de caractère démocratique, qu'on attribuait naturellement à Tinfluence de quelques Français; il est vrai que Bonaparte, en janvier 1800, avait pensé à y envoyer Saliceli pour s'en emparer'; mais il ne s'était pas arrêté à ce projet et avait employé Saliceti d'autre façon; il est possible d'ailleurs qu'il en soit résulté quelque agitation en Sardaigne. Viclor- Emmanuel, de son côté, se trouvait mieux à Rome pour être à portée de s'entendre avec ses protecteurs naturels, les gouvernements de Londres et de Saint-Pétersbourg; car, disait Cacault, « Rome a toujours été un centre d'affaires ; il y a ici un écho qui répète les secrets du monde entier et cette capitale des arts et de la religion a des rapports à l'infini^ ». Le ministre russe et le ministre anglais accrédités auprès du roi de Sardaigne, le chevalier de Lizakewicz et M. Jackson, résidaient avec lui à Rome, et cela sans doute était assez anormal. Bonaparte estima qu'il ne convenait pas que Rome fût un centre d'intrigues politiques contre lui.
Dès septembre 1802, au moment de l'annexion du Piémont à la France, Cacault eut mission de faire observer au gouvernement pontifical, d'abord discrètement, les inconvénients qu'il y avait au séjour du roi de Sardaigne à Rome, qu'il ferait bien mieux de s'en aller dans ses États au lieu de jouer le rôle d'un roi détrôné et vagabond. Puis, insistant, il demanda que le roi de Sardaigne choisit une résidence éloignée de Rome d'ap moins dix lieues. Mis au courant par Consalvi, le roi consentit à se retirer à Tivoli,