‹ Napoléon en ItalieChapitre 167 sur 423 · AIT. Elr., Rome, 934, r · texte numérisé non relu

AIT. Elr., Rome, 934, r

à six lieues de Rome. Cacault refusa de s'en contenter, c'était trop près. Enfin Victor-Emmanuel s'en alla à Velletri, à dix lieues au sud de Rome, « avec le même serrement de cœur q^e s'il était envoyé au supplice * ».

Peu de temps après, mars 1803, le comte Joseph de Maistre partit comme envoyé extraordinaire du roi de S^rdaigne à Saint- Pétersbourg.

Au moment de la rupture de la paix d'Amiens, Bonaparte put craindre l'occupation de la Sardaigne par les Anglais ; il se montra disposé à traiter avec Victor-Emmanuel P'; il lui offrit une compensation territoriale en échange du Piémont. Le roi demandait Orbitello et le territoire des Présides, la ville et l'État de Sienne avec la Maremme de Toscane, une pension de 500000 francs réversible à perpétuité*. Bonaparte le trouvait par là encore trop près de Rome; il offrait de lui abandonner Lucques et Massa- Carrara, ce qui faisait « 50 000 hommes de plus que le Siennois et les Présides, un État plus complet et un pays meilleur' ». L'intérêt de ces négociations est médiocre, car elles n'aboutirent pas, et le roi de Sardaigne demeura vagabond pendant tout TEmpire.

Le pape cependant accueillait d'une âme égale toutes ces transformations territoriales de l'Italie. En février 1803, Bonaparte voulut réduire le nombre des évêchés pièmontais de 17 à 6, autant que de départements, et, comme il craignait de la résistance à Rome, il fit de celte demande un ultimatum : « Le bien de l'Étal, dit Cacault à Consalvi, exige impérieusement qu'il n'y ait pas 17 évêchés dans le Piémont quand il n'y en a que 60 dans tout TEmpire français; le bien de l'État commande impérieusement que dans le Piémont comme ailleurs ces divisions et circonscriptions ecclésiastiques puissent s'accorder avec les divisions civiles et politiques ». Si le pape n'y consentait point, les biens de rÉglise piémontaise seraient immédiatement saisis et mis en vente, comme en France. « Ainsi, concluait le ministre de France, la cour de Rome donne-t-elle la bulle de réduction, on conserve tous les biens à l'Église. — La refuse-t-elle, on les confisque et

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