Corr., VIII
DwAULT. — Italie. I '
CD les aliène tous... C'est une affaire qui n'intéresse pas le fond de la religion et qui intéresse essentiellement la police de l'État ; c'est une affaire enfin qui frappe non sur l'épiscopat, mais sur la seule dimension matérielle et territoriale des évêchés* ».
Le Premier Consul en fut pour ses frais d'énergie. Le pape céda sans observations.
A l'occasion des événements de la Consulte de Lyon et de l'avènement de Bonaparte à la Présidence de la République Italienne, le pape n'avait pas manifesté d'inquiétudes; il avait même dit sa satisfaction ; il y voyait de grands avantages « pour la gloire de la religion et le bonheur de l'Italie * ».
Il ne demeura sans doute pas longtemps dans cette opinion ; car il en résulta bientôt de très sérieuses difficultés avec le gouvernement français .
La Consulte de Lyon avait promulgué une loi organique du clergé qui annonçait la négociation d'un Concordat; le pape s'y montra rebelle d'abord; l'Église n'avait pas été ruinée en Italie comme en France; il n'y avait pas nécessité de la restaurer; le Saint-Siège exerçait sur elle une suprématie qu'il ne lui convenait pas de partager, même avec le Premier Consul. Mais comme celui-ci menaçait, ainsi que dans le Piémont, ainsi qu'il avait laissé faire en Allemagne, de séculariser les biens ecclésiastiques, le pape céda, et Caprara signa le Concordat italien avec Marescalchi le 16 septembre 1803 ».
Il arriva à Milan ce qui était arrivé à Paris : le Concordat n'y fut publié que le 26 janvier 1804, accompagné d'une loi réglementaire, qui assurait, dit Botta, à l'autorité séculière les garanties nécessaires à sa propre conservation*. Elle était semblable aux articles organiques, et interdisait notamment l'entrée de toute bulle dans la République Italienne sans le consentement du gouvernement. Mais surtout elle prenait des précautions contre le développement de la puissance monastique, dont la France n'avait pas eu alors à se préoccuper; elle exigeait le consentement du gouvernement pour l'entrée dans les ordres; elle ne permettait