A(T. Etr., Rome, 935, f
mais pour vous seul, qu'il me paraissait bien mal vu d'envoyer un docteur imprimé à Rome qui a le privilège exclusif du savoir divin... Le citoyen Chateaubriand ne cherchera pas ici à faire du bruit de son ouvrage, ni à se montrer théologien; il s attachera au travail de la légation : aussi tout est bien ^ ».
Le cardinal Fesch partit quelques jours après Chateaubriand. II emportait des instructions sur « le double objet de sa mission, qui embrassait les relations politiques et religieuses de la République avec le Saint-Siège, les unes réglées par le Concordat, les autres par le traité de Tolentino qui était toujours la principale base des rapports politiques des deux États ».
Il devait protéger les fondations anciennes dont la France jouissait à Rome, obtenir au point de vue commercial le traitement de la nation la plus favorisée, demander des armements assez sérieux pour écarter les insultes des Barbaresques et pour faire respecter la neutralité de TËtat ecclésiastique, rappeler au Saint- Siège qu'il ne devait pas séparer ses intérêts de ceux de la France, se préoccuper d'éloigner de Rome toute influence contraire, obtenir la fermeture d'Ancône et Civita-Vecchîa aux Anglais; surveiller les agissements du roi de Sardaigne qui persistait à préférer une résidence étrangère à celle de ses propres Ëtats, disposer cette cour à se confier à la bienveillance du Premier Consul, au surplus ne point lui laisser l'espérance de recouvrer le Piémont. Il devait en un mot défendre les intérêts du Premier Consul dans l'application du Concordat, et tenir aussi étroitement que possible le Saint- Siège dans le système politique de la France.
Aussi bien ces instructions ne lui fournirent-elles point matière à d'importants actes diplomatiques; il allait être surtout l'agent principal de la grosse affaire du sacre.