‹ Napoléon en ItalieChapitre 174 sur 423 · AfT. Etr., Rome, 936. f*' 349-356 : Consalvi à Fesch · texte numérisé non relu

AfT. Etr., Rome, 936. f*' 349-356 : Consalvi à Fesch

puissant empire et des acclamations universelles, adressées à l'un et à Tautre souverain, la nouvelle dignité impériale que la reconnaissance des Français a déférée à Napoléon *. »

Mais la lettre impériale n'était pas ce que le pape avait réclanoé et qu'il croyait convenu depuis longtemps. « Très Saint-Père, l'heureux effet qu'éprouvent la morale et le caractère de mon peuple par le rétablissement de la religion chrétienne me porte à prier Votre Sainteté de me donner une nouvelle preuve de rinlcrêt qu'elle prend à ma destinée et à celle de cette grande nation, dans une des circonstances les plus importantes qu offrent les annales du monde. Je la prie de venir donner, au plus éminent degré, le caractère de la religion à la cérémonie du sacre et du couronnement du premier Empereur des Français. Cette cérémonie acquerra un nouveau lustre lorsqu'elle sera faite par Votre Sainteté elle-même. Elle attirera sur nous et nos peuples les bénédictions de Dieu, dont les décrets règlent à sa volonté le sort des empires et des familles.

« Votre Sainteté connaît les sentiments affectueux que je lui porte depuis longtemps, et par là elle doit juger du plaisir que m'offrira celle circonstance de lui en donner de nouvelles preuves^. »

Il n'était pas question en tout cela des « grands intérêts de la religion » pour lesquels seuls le pape jugeait convenable de se déplacer; il apparaissait crûment qu'il ne faisait le voyage de Paris que pour le sacre de l'Empereur. Pie VII fut très irrité. Il dit à Caffarelli qu'il aurait préféré qu'on lui eût envoyé du poison plutôt que cette lettre, qu'il aimerait mieux être mis en pièces que d'aller en France d'après une telle invitation, que les expressions de celle lettre n'étaient propres qu'à le tourner en ridicule. Fesch l'alla voir et le trouva dans un « état de douleur et d'irritation impossible à concevoir » ; il expliqua de son mieux les circonstances de cette lettre, que l'Empereur étant à Cologne n'avait sans doute suivi que de loin les dernières négociations avec Rome, que le scandale serait irréparable si le voyage pontifical était compromis pour quelques formules sans grande valeur, que « ce serait servir l'œuvre du démon qui ne cesse d'agir par

1. AIT. Etr., Rome, 936, r» 417 : Talleyrand à Fesch, 17 sept. 1804.

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